Sélection

L'homme qui plantait des arbres |

Film

L'homme qui plantait des arbres

Edité par les Films du paradoxe [éd., distrib.] - [DL 2005]

Ce film d’animation québécois a été récompensé par plus de 40 prix à travers le monde dont l’Oscar du meilleur film d’animation, que Frédéric Back avait déjà reçu pour Crac ! – fable nostalgique contant l’histoire d’une chaise à bascule. Réalisé en 1987, il est porté par une voix off, et quelle voix off ! puisque c’est Philippe Noiret qui lit en intégralité le texte de Jean Giono, lui apportant sa chaleur et son grain si particulier. L’animation accompagne avec délicatesse ce manifeste écologiste et humaniste. Le trait léger et toujours en mouvement lui insuffle vie et légèreté.La première partie du film, tout en couleurs monochromes, nous révèle un paysage désolé et un homme mutique, puis les couleurs se multiplient et gagnent en intensité à mesure que les arbres croissent et que la vie revient dans ce coin de montagne - jusqu’à un final digne de la peinture impressionniste. Alors sans hésiter (et dès 7 ans), précipitez-vous sur ce film plein de poésie et d’espoir où les gestes les plus simples permettent à un homme de retrouver la sérénité et sa place dans le monde grâce à la nature qui rend finalement toujours plus que ce qui lui a été donné !


Par SB, bibliothèque Marguerite Durand

Avant gardes. 2, Ballets mécaniques : chefs-d'œuvre du cinéma expérimental |

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Avant gardes. 2, Ballets mécaniques : chefs-d'œuvre du cinéma expérimental

Edité par Lobster Films - 2017

Le ballet mécanique de de Fernand léger et Dudley Murphy :1922: l'artiste Fernand Léger réalise l'affiche de La Roue d'Abel Gance, un des films les plus importants de l'avant-garde des années 20.1924 : la France a basculé dans l'ère industrielle, celle du machinisme chère aux architectes (Le Corbusier) et à Fernand Léger et Le ballet mécanique pourrait en être sa symphonie visuelle : ça tourne, ça bouge, ça monte, ça descend , c'est un vrai ballet d'ustensiles, de machines, de lettres, de chiffres de parties de corps, une célébration de la vie industrielle et urbaine. On y croise aussi un Charlie Chaplin de papier et une Kiki de Montparnasse en chair et en os dans une ambiance de fête foraine assez dadaïste.Qualifié de film expérimental post-cubiste, le Ballet mécanique fut le seul film réalisé par l'artiste Fernand Léger en collaboration avec Dudley Murphy même s'il contribua aussi, en qualité de directeur artistique, à l'élaboration d'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma L'Inhumaine de Marcel L'Herbier.


Par DN, bibliothèques de la ville de Paris

Varda tous courts |

Film

Varda tous courts

Varda, Agnès

Edité par Ciné-Tamaris [éd.] - 2007

Ulysse:Dans ce court métrage documentaire de 22 minutes, Agnès Varda part d’une photo qu’elle avait prise en 1954 sur une plage et sur laquelle on peut voir un enfant, le cadavre d’une chèvre et un homme nu… 28 ans plus tard, elle nous invite, avec sa voix en off, et ce ton toujours incomparable, à retrouver l’enfant, devenu homme, Ulysse, ainsi que l’homme nu, cette fois habillé, et convoque leur mémoire, leur histoire et la sienne. Un pur bonheur.


Par Fabio Z., médiathèque James Baldwin

Annecy Awards 2017 |

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Annecy Awards 2017

Edité par Chalet pointu [éd.] - 2017

Negative Space de Ru Kuwahata et Max Porter:Sélectionné aux Oscars 2018, ce film d’animation en stop motion adapte un poème de l'auteur américain Ron Koertge où un fils rend un hommage touchant à son père. Ce film a reçu le soutien du fonds d’aide au court métrage de la ville de Paris.


Par MC, bibliothèques de la ville de Paris

L'hippocampe et autres films |

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L'hippocampe et autres films

Edité par B.P.I. [éd.], - 2013

Que d’élégance chez cet animal filmé tout en délicatesse, en noir et blanc par Jean Painlevé, cinéaste et biologiste français, précurseur du cinéma de vulgarisation scientifique !Remarqué par les surréalistes, notamment par André Breton qui admire la dimension plastique et poétique de ses films, Jean Painlevé partage avec une immense générosité l’émerveillement et l’émotion suscités par l’observation de la faune aquatique.Toute sa filmographie fourmille de trésors de courts-métrages scientifiques animaliers : Crevettes (1930, 10 min), Les danseuses de la mer (1956, 14 min), Le Bernard-l’hermite (1927, 13 min), Les pigeons du square (1982, 28 min)… et sans doute le plus connu, Le vampire (1945, 9 min)


Par Catherine E., bibliothèque Marguerite Audoux

Avant que de tout perdre |

Film

Avant que de tout perdre

Edité par KG Productions [éd.] - 2013

Ce film est ce qui devait être le premier d’une série de trois courts métrages sur le thème de la violence conjugale. Devant le succès critique de celui-ci, Xavier Legrand décida de fusionner les scénarios des deux suivants pour un faire un projet de long métrage, qui deviendra le remarquable et saisissant « Jusqu’à la garde », avec les mêmes personnages, toujours interprétés par les excellents Léa Drucker et Denis Ménochet. On suit ici un enfant, une adolescente, et leur mère, le jour où ils tentent d’échapper au joug du père de famille, dont on imagine le caractère violent sans que toutefois rien ne soit clairement dit. Un film tout en tension, extrêmement sensible et subtil. César du meilleur court-métrage 2014


Par Fabio Z., médiathèque James Baldwin

Ville moderne |

Film

Ville moderne

Edité par Editions du Centre Pompidou [éd.] - 2010

Jeux des reflets et de la vitesse : D'abord, les objets tournent et nous perdons l'équilibre progressivement et puis, voici Paris qui apparaît, la ville des flux. Nous voilà emportés à toute vitesse, en caméra subjective, d'abord sur une ligne du métro aérien puis dans une vertigineuse traversée de la Seine. Tout va vite, de plus en plus vite, on dirait que la Fée Électricité s'est emparée de la caméra. On y verra Notre-Dame de Paris et puis une Tour Eiffel renversée mais déjà les rails et les quais du métro se confondent, nous rappellent et avant d'avoir eu le temps de reprendre notre souffle, nous voilà revenus à une sorte d'état gazeux.Si Henri Chomette, frère de René Clair, est connu pour avoir été le réalisateur du premier film parlant tourné en France (Le Requin, 1930), on sait peut-être moins qu'il a été un des tout premiers réalisateurs de films d'avant-garde français. Sincèrement, nous vous invitons à faire ce voyage expérimental datant 1925 : c'est mieux qu'un tour de grand huit à la Foire du Trône et ça dure un peu plus longtemps.


Par DN, bibliothèques de la Ville de Paris

Coffee and cigarettes |

Film

Coffee and cigarettes

Edité par Bac films [éd., distrib.] - [DL 2008]

Coffee and cigarettes est une série de courts métrages déguisés en long. Chaque séquence fait intervenir plusieurs personnages (interprétés par Roberto Begnini, Iggy Pop, Steven Wright...) qui, autour de quelques tasses de café, le temps de deux ou trois cigarettes, discutent de sujets aussi variés que la caféine, les glaces à l'eau, Abbott & Costello, les théories du complot contre Elvis, l'art de préparer le thé anglais, les inventions de Nikola Tesla, le groupe rock imaginaire Sqürl, le Paris des années vingt ou l'utilisation de la nicotine comme insecticide.


Par Joseph G., bibliothèque Marguerite Audoux

Folle de Rachid en transit sur Mars |

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Folle de Rachid en transit sur Mars

Edité par la Vie est belle films associés [éd.] ; l'Harmattan vidéo [éd., distrib.] - 2015

Bienvenue dans l’univers déjanté de Philippe Barassat !Ce titre est en fait un « titre valise » évoquant ceux des quatre courts métrages de Philippe Barassat qu’il regroupe, à savoir : « Folle de ce mec », « Mon copain Rachid », Transit » et « Les éléphants de la planète Mars », chacun de ces films ayant un pitch bien improbable.Tous valent le coup d’œil, et plus particulièrement :« Transit ». Ou comment un homme commence à restituer tels quels les aliments qu’il ingurgite et digère, et finit captif en Afrique pour éradiquer la faim dans le monde. Un film monstre, transgressif à souhait, délirant et jouissif.


Par Fabio Z., médiathèque James Baldwin

Dans l'œil du chien |

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Dans l'œil du chien

Edité par Perspective Films - 2020

Sélectionné au festival « Côté court » de Pantin, ce premier film, impressionnant de maîtrise, obtient le Prix du Court métrage au Cinéma du réel 2019.La réalisatrice filme sa grand-mère, chez elle, le visage mangé par la maladie. Sujet difficile, sujet douloureux certes mais éclairage lumineux ! Du lien de la petite fille avec sa grand-mère, la caméra nous fait partager tout l’amour, avec une incroyable lucidité, une infinie tendresse et aussi parfois, une grande violence. Un regard cinématographique qui traite de la mort et de l’intime avec courage… et force le respect !Laure Portier vient également de réaliser son premier long métrage « Soy libre » (2021) qui sort tout juste en salles ces jours-ci (le 9 mars 2022).


Par Catherine E., bibliothèque Marguerite Audoux

Du court au long  . 2 |

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Du court au long . 2

Edité par MK2 SA [éd.] - 2006

Jeux de plage de Laurent Cantet :Ce film constitue la première collaboration entre Laurent Cantet et Jalil Lespert, dont c’est le tout premier rôle au cinéma. Il y joue un ado en vacances au bord de la mer, dont le père, joué par son propre père, épie tous les faits et gestes, jusqu’à être démasqué. On trouve déjà en germe, dans ce deuxième court métrage du réalisateur, les thématiques qui lui tiennent à cœur, notamment le rapport au père et le sentiment de honte. À découvrir.


Par Fabio Z., médiathèque James Baldwin

Martin Scorsese  : courts-métrages & documentaires |

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Martin Scorsese : courts-métrages & documentaires

Scorsese, Martin

Edité par Wild Side Films [éd.], ca - 2007

The Big Shave :C'est tout de même curieux cette relation que Martin Scorsese entretient avec les hommes face à leur miroir (Taxi Driver, Raging Bull). Il faudrait qu'un jour un historien du cinéma se penche sur cette question mais on peut certainement dater le début de cette focalisation à ce court-métrage de 1976 où un homme se rase de vraiment très très près sur fond de musique jazzy (autre gimmick scorsesien).Si ce court-métrage se voulait être une critique de la guerre du Viêt Nam, on peut aussi s'imaginer qu'il s'agit d'un hommage déguisé au Psycho d'Alfred Hitchcock ou à une version parodique des publicités de années 60. Déconseillé aux âmes sensibles.


Par DN, bibliothèques de la ville de Paris

Five obstructions |

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Five obstructions

Edité par Films sans frontières 2 [éd., distrib.] - [DL 2006]

The Perfect Human de Jørgen Leth :Voici LE film préféré de Lars von Trier à l'origine de son projet documentaire Five Obstructions. Film expérimental réalisé en 1967 par le poète et réalisateur danois Jørgen Leth, ce court métrage nous présente un peu à la manière d'un documentaire animalier les spécimens de l'homme et de la femme parfaits selon les critères esthétiques et sociologiques de l'époque. Alors, c'était quoi d'être parfait en 1967 ? Ces critères sont-ils toujours d'actualité ? Peut-on simuler la perfection? The Perfect Human est-il à l'origine du food porn? On aurait tendance à penser que oui en constatant qu'il y a très peu de différences entre ces deux personnages enfermés dans un espace clos, exhibés comme des marchandises, s'offrant aux regards des spectateurs passifs et la multitude d'êtres humains reproduisant et partageant les mêmes gestes quotidiennement sur les réseaux sociaux depuis le début des années 2000. Même solitude, même quête de perfection jusque dans l'assiette.On ne peut que vous recommander de regarder également l'hilarant Five Obstructions de Lars von Trier (si, si, on vous jure que c'est très drôle) mettant au défi le malheureux Jørgen Leth de réaliser 5 versions alternatives de The Perfect Human. L'exercice est un brin sadique mais assez jubilatoire et disons quasi....parfait.


Par DN, bibliothèques de la ville de Paris

Le  secret de l'art |

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Le secret de l'art

Edité par L'Agence du court métrage [éd.] - 2019

La direction d'acteur par Jean Renoir :Gisèle Braunberger, réalisatrice du film, en est aussi l’actrice principale : elle s’y prête en effet de façon touchante et appliquée (bien qu’un peu espiègle quand même) à une leçon de jeu d’acteur menée avec bonhomie mais autorité par un Jean Renoir au plus haut de sa forme.Le cinéaste applique ici la fameuse méthode italienne qui consiste à énoncer son texte – ici un monologue tiré du Fleuve, dans lequel une jeune fille en colère affronte sa mère qui a fait tuer son chien - sur le ton le plus neutre possible, à la façon de la lecture d’un annuaire téléphonique…Le résultat est saisissant de naturel et de vérité, peu à peu dévoilé par le travail du jeu de l’actrice dirigée par le cinéaste… Nous assistons bien à une leçon magistrale exceptionnelle que tous les apprentis comédiens devraient avoir vue !


Par Catherine E., bibliothèque Marguerite Audoux

Cinéma 16  : courts métrages européens |

Film

Cinéma 16 : courts métrages européens

Edité par Paramount Home Entertainment [éd.] - 2006

Nocturne de Lars von Trier :Primé au Festival des films d'étudiants de Munich en 1980, ce court métrage de Lars von Trier évoque déjà un certain nombre de ses obsessions : la cécité, les ambiances crépusculaires, la défragmentation sonore, la solitude… Mais le plus frappant n'est pas là.On sait que depuis de nombreuses années Lars von Trier claustrophobe et dépressif vit reclus chez lui et ne peut plus prendre l'avion. Or, que voyons-nous ici ? On vous laisse le découvrir.


Par DN, bibliothèque de la ville de Paris

Le mouvement des images |

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Le mouvement des images

Edité par Mikros [prod.] ; Centre national d'art et de culture Georges Pompidou [prod., éd., distrib.] - cop. 2006

Anémic Cinéma de Marcel Duchamp, Man Ray et Marc Allégret :D'accord, Anémic Cinéma ce sont des disques optiques qui tournent en alternance avec des impressions de jeux de mots frôlant l'écriture automatique. Mais ce n'est pas que ça.Nous sommes en effet en droit de nous demander ce que serait devenu l'art cinétique sans le Anémic Cinéma de Marcel Duchamp, Man Ray et Marc Allégret. Tout comme nous pouvons légitimement nous poser la question suivante : est-ce que par hasard ce court métrage expérimental de 1926 ne serait pas non plus à l'origine de l'auto-hypnose ? A moins qu'il ne s'agisse plutôt ici de considérer l'auto-hypnose comme un art?Si vous rencontrez des difficultés d'endormissement en ce moment ou que vous êtes atteints de légères crises d'angoisse, nous vous conseillons de regarder attentivement ce court métrage, vous verrez que progressivement vous vous sentirez plus détendus et, lentement, en lisant les séquences suivantes: Esquivons les ecchymoses des Esquimaux aux mots exquis ou Parmi nos articles de quincaillerie paresseuse, nous recommandons le robinet qui s'arrête de couler quand on ne l'écoute pas vos épaules se détendront d'elles-mêmes et vous vous apaiserez. L'exercice est très bon pour les cervicales aussi vous verrez.


Par DN, bibliothèques de la ville de Paris

Le passager  |

Film

Le passager

Kiarostami, Abbas

Edité par Les Films du Paradoxe [éd.] - 2007

Le pain et la rue :Un jeune garçon rentre chez lui après avoir acheté du pain mais se trouve au détour d’une ruelle, bloqué par un chien errant plutôt menaçant… va-t-il réussir à contourner le danger ?Vaincre sa peur seul face à des adultes indifférents… le thème se retrouve dans nombre de films de Kiarostami ( Le passager, Où est la maison de mon ami ? Devoirs du soir) L’image en noir et blanc ancrée dans le réel, la fluidité du mouvement dans un décor naturel, la simplicité de la mise en scène, le travail sur le son, la profondeur des émotions de l’enfance dans un épisode de vie quotidienne, la touche d’humour… presque tout ce qui définira le cinéma du grand réalisateur iranien est déjà présent dans ce premier court-métrage… merveilleux !!


Par Catherine E., bibliothèque Marguerite Audoux

Rogopag |

Film

Rogopag

Edité par Société nouvelle de distribution [éd., distrib.] - [DL 2011]

LA RICOTTA de Pier Paolo Pasolini :Ce moyen métrage réalisé par Pasolini en 1963 faisait initialement partie d’un film collectif à épisodes, RoGoPaG, parlant de la société de consommation moderne et auquel participaient également Roberto Rosselini et Jean-Luc Godard. Il déclencha un énorme scandale. « L’accusation était celle d’insulte à la religion. Beaucoup plus juste aurait été d’accuser le réalisateur d’avoir insulté les valeurs de la petite et moyenne bourgeoisie italienne» a écrit Alberto Moravia.Pasolini avait écrit le scénario sur le tournage de Mamma Roma. C'est l’histoire d’un film dans le film, qui mêle réflexion sur le cinéma, références picturales et transposition de la passion du Christ, sur un mode trivial, à travers le destin tragique d’un crève-la-faim des faubourgs de Rome engagé pour jouer l’un des larrons crucifiés aux côtés du Christ. A l’issue d’épisodes tragi-comiques pour glaner un peu de nourriture, il s’empiffre de ricotta sous les rires moqueurs de l’équipe et meurt d’indigestion sur la croix. Le message était provocateur. Pour Pasolini, seul le sous-prolétariat était encore digne de partager le martyr du Christ. La Ricotta, jugé blasphématoire, Pasolini écopa d'une peine de 4 mois de prison avec sursis. En appel, le non-lieu fut ordonné. A noter : Orson Welles joue le rôle du cinéaste génial et marxiste reconstituant une descente de croix peinte par Masaccio.


Par Joseph G., bibliothèque Marguerite Audoux