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Musique
Nevesta messinska = La Fiancée de Messine
Edité par Cpo - paru en 2016
Quels furent finalement les torts de Zdenek Fibich ? Une éducation européenne à forte dominante germanique, le choc reçu à 20 ans d'une exécution des Maîtres-Chanteurs, et une musique s'inscrivant sans états d'âme dans la lignée du Maître de Bayreuth, là où Dvorak et Smetana exaltaient leur particularisme tchèque. La postérité trancha en faveur de ces derniers. Pourtant, avec cette Fiancée de Messine, on est musicalement bien au-dessus de Rusalka ou d'une autre Fiancée, vendue celle-là. Pour être peu médiatisée, la Philharmonie de Magdebourg démontre une fois de plus l'excellence des théâtres " provinciaux " allemands. Kimbo Ishii maintient de bout en bout la tension, et trouve les couleurs qui conviennent au plus sombre drame de Schiller. Distribution sans défauts : on entendrait volontiers Richard Samek, solide Heldentenor en Walther von Stolzing ou en Rienzi, mais on retiendra surtout l'impressionnante prestation de Lucia Cervoni. Son opulent mezzo, soutenu par une technique saine, lui autorise l'endurance requise par le rôle, mais surtout un chant toujours noble et tenu, de l'hiératisme de la Reine à la douleur d'une mère blessée. Un chef d'oeuvre méconnu, à découvrir dans une réalisation exemplaire.