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Musique
The Complete studio recordings 1934-1950 = Intégrale des enregistrements studio 1934-1950
Edité par Distrart Musique
Le coffret s'ouvre par le Quatuor pour piano op. 25 nʿ1 de Brahms dans lequel Edwin Fischer (1886-1960) est accompagné par Vittorio Brero, Rudolf Nel et Theo Schürgers. Une version rare (Electrola de 1939, une semaine après le début de la Seconde Guerre mondiale) et remarquablement transférée. La souplesse de phrasé étonne ainsi que les couleurs clair-obscures que les musiciens allemands obtiennent. Un très beau témoignage complété par la Sonate nʿ3 gravée en 1949. Là encore, la liberté de ton et la respiration sont magnifiques. Chaque phrase chante sans la moindre dureté, la plus petite précipitation. Ce Brahms est de l'ordre de la confession. Le sont aussi deux intermezzi op. 117, la Ballade op. 118 nʿ3, la Rhapsodie op. 79 nʿ2, ces versions parues, il y a quelques années, dans un coffret Andante consacré au pianiste allemand. Plus nécessaire encore est la Fantaisie op. 17 de Schumann. La maîtrise technique, l'élan et plus encore la délicatesse rêveuse du finale - Langsam getragen - sont un régal. La leçon de chant se poursuit avec les Moments musicaux de Schubert ausquels s'ajoutent les huit impromptus. Autant d'incunables parus chez Emi. Avant la Seconde Guerre mondiale, on ne jouait guère et on enregistrait rarement la musique pour piano du viennois. Fischer se passionna pour cette oeuvre tout comme son compatriote Artur Schnabel. La fraîcheur de jeu, l'énergie sont aux antipodes de tous les a priori que l'on peut avoir sur l'interprétation de Schubert à cette époque. On peut comprendre à quel point cela influença certains musiciens tel que Daniel Barenboïm qui étudia auprès de Fischer. Un coffret magnifique. (Jean Dandrésy).