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Musique
Missa Gratias agimus tibi
Edité par Carus-Verlag - paru en P 2024
Frieder Bernius poursuit son exploration pour le label Carus du répertoire des Messes du bohémien Jan Dismas Zelenka avec cette "Missa Gratias agimus tibi". Composée en 1730 alors que Zelenka prend en charge un choeur d'enfant dont trois castrats venus spécialement d'Italie, cette Messe est de nature festive. On y retrouve tout le savoir-faire et la singularité du style de ce compositeur que Bach tenait en haute estime : une grande inventivité dans la polyphonie, l'harmonie et les rythmes. Des ensembles chorals somptueux, quelques arias grisants, des fugues (obligées pour ce maître du contrepoint) doublés d'un orchestre virtuose aux commandes. Dès le Kyrie, le chef impose un véritable steeple-chase à son ensemble, les séquences s'enchaînant impérieusement et sans temps mort, quitte à étouffer la partition. Même si les forces de Stuttgart (Kammerchor, Barockorchester) ont peu de rivaux à ce niveau d'excellence, on aimerait parfois une meilleure ductilité dans la direction. Les chanteurs et chanteuses pourraient ainsi donner un supplément d'âme à leur partie soliste (Crucifixus, Laudamus te). Merveilleux Benedictus gracieusement enrobé par les flûtes et un Agnus Dei angélique à souhait. En complément de programme : le Beatus vir ZWV 76 et le clinquant Magnificat ZWV 108 qui convoque trompettes et timbales et, à sa création, la voix du castrat Andrea Ruota et le violon de J.G. Pisendel dans un duo ensorcelant. Un bel ajout dans la discographie du compositeur.