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Musique
Emilie Mayer : symphonies nʿ3 et 6
Edité par Distrart Musique - paru en C 2021
Sculptrice et compositrice à la fois, la compositrice allemande Emilie Mayer étudia auprès de Carl Loewe avant de se perfectionner à Berlin. Quelques-unes de ses partitions symphoniques connurent un certain succès en Allemagne. Elle dépensa énormément d'argent et d'énergie pour promouvoir sa musique, ce qui la ruina en partie. Elle est considérée aujourd'hui comme l'une des plus prolifiques compositrices de l'époque romantique. Au sein du répertoire de musique de chambre d'Emilie Mayer, on ne compte pas moins de neuf sonates pour violon et piano, treize sonates pour violoncelle, onze trios pour piano, sept quatuors à cordes, trois quintettes à cordes De plus d'une demi-heure chacune, les deux symphonies - Emilie Mayer en composa huit - rendent hommage au style classique, ce qui la fit passer dans les critiques de son temps, pour un "Beethoven féminin". Jugement excessif car c'est davantage des styles de Haydn et de Mendelssohn - le Scherzo ! - que l'on entend dès la Symphonie nʿ3. Cette partition s'ouvre avec une certaine solennité, teintée de mystère. Le caractère percussif et militaire aux timbales justifie le titre de l'album "Music from the Shadows". L'écriture d'Emilie Mayer est d'une chaleureuse complexité, mais tend dans les mouvements lents à une perte de substance. Pétillant de vie, d'une jubilation inattendue si l'on écoute que les premières mesures, le finale est le mouvement le plus réussi : "militaire" ou plutôt humoristique, presque rossinien. Datée de 1853, la Symphonie nʿ6 rend hommage à la forme beethovénienne. La forme, seulement, car le caractère affirmé d'Emilie Mayer et plus encore son imaginaire part un peu dans toutes les directions. L'orchestre et Marc Niemann ont raison de laisser filer la musique, de lui restituer sa spontanéité, sa franchise joyeuse (même si l'Andante évoque lointainement la marche funèbre de l'Héroïque de Beethoven). Une belle découverte. (Jean Dandrésy).