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Livre
Alger, rue des Bananiers : récit
Edité par Verdier - paru en DL 2020
L'auteure évoque l'histoire de l'Algérie française entre 1830 et 1962 à travers le destin des membres de sa famille sur quatre générations ainsi que les souvenirs de son enfance, au milieu des années 1950 à Alger. Elle raconte comment elle a appris à mettre des mots sur les choses et des noms sur les visages. ©Electre 2020
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Cette lecture a provoqué en moi beaucoup de nostalgie
Je viens de terminer la lecture de ce récit et il ne pouvait que m'intéresser puisque, Béatrice Commengé qui est née en Algérie 1 an après moi et l'a quittée définitivement comme moi en juillet 1961, revient sur l'histoire de sa famille et de son implantation en Algérie avec les débuts de la présence française. L'intérêt véritable est qu'elle réussit à mêler son histoire familiale évidement complexe comme le sont beaucoup d'histoires familiales et la grande histoire de la colonisation sur laquelle elle porte , avec le recul, un regard juste en n'occultant pas les fautes et les crimes commis par la France dans cette opération. Cette analyse c'est ce qu'elle fait maintenant, arrivée dans l'âge adulte, mais le récit est aussi le rappel de ce dont elle se souvient alors qu'elle n'était dans ce quartier d'Alger sur les hauteurs qu'une petite fille de huit à onze ans: les odeurs, les jeux de l'enfance dans ces rues alors si tranquilles, les escapades en ville, dans les cinémas (où mes parents m'emmenaient), les plages des alentours dont celle de la Madrague la plus magnifique à mes yeux avec son beau sable clair et fin et la belle Méditerranée transparente, les amitiés d'enfance sans distinction dans ce quartier (que je n'ai pas connu mais si semblable à celui dans lequel vivaient mes grands-parents) entre les différentes composantes de la population, l'école puis le lycée Fromentin (alors que personnellement j'étais inscrite au lycée Delacroix qu'elle évoque également), le magnifique hôtel Saint-Georges dont les jardins sentaient le jasmin, El-Biar (où j'ai d'abord vécu bébé avant de déménager en centre ville Boulevard Baudin près de la fameuse rue Michelet)... On la suit des années tranquilles et heureuses jusqu'aux jours plus sombres ( avec, entre autres, le Milk Bar cible d'un attentat à la suite duquel une de mes petites copines d'école a dû être amputée d'une partie d'un pied) et au départ définitif. Je retrouve dans ce qu'elle écrit tellement de mes propres souvenirs! Les amoureux d'Alger reconnaîtront beaucoup d'endroits et apprécieront d'y voir évoquer la vie d'alors qui, pour beaucoup, fut une vie heureuse. Il y a donc de la nostalgie mais sans pathos et sans s'appesantir, avec une forme de légèreté. Un seul petit bémol: dommage que l'on se perde souvent dans la généalogie des deux branches familiales qui alourdit le propos.
ACZ - Le 28 août 2024 à 12:46