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Livre
Cucul : new rom-com
Edité par Verso - paru en DL 2024
Pour arrondir ses fins de mois, Marie Couston, 32 ans, professeure de français dans un lycée parisien, écrit des romances érotiques. Jusqu'au jour où son éditrice lui demande d'écrire de la dark romance. Marie est furieuse et tue son personnage principal avant de s'endormir. A son réveil, elle trouve James Cooper, le séduisant personnage de ses romans, assis sur son canapé. Premier roman. ©Electre 2024
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Bonnes idées mais héroïne insupportable..
Sur le papier, il avait des idées intéressantes, un fond féministe assumé, et un point de départ plutôt drôle et original avec ce personnage fictif qui prend vie. Il y avait un vrai potentiel, notamment dans le mélange entre clichés et second degré. Mais pour moi, tout est gâché par l’héroïne. Elle se revendique féministe, mais passe son temps à juger les autres — surtout sur leur apparence ou leur mode de vie. Elle est constamment dans la critique, le mépris, et une forme de supériorité assez insupportable. Elle se plaint beaucoup, mais ne fait rien de concret pour améliorer les choses, ni pour elle-même ni pour les autres. À aucun moment elle n’apporte de nuance, de bienveillance ou même simplement de positivité. Ce qui m’a particulièrement dérangée, c’est l’écart entre ses discours et ses actes. Elle critique les “blancs patriarcaux”, mais travaille sans remise en question dans des environnements qui correspondent exactement à ce qu’elle dénonce. Cette contradiction n’est jamais vraiment interrogée, ce qui la rend plus incohérente que complexe. Son rapport aux autres personnages est également problématique. Elle manque cruellement d’empathie, comme avec sa collègue Bérénice. (Spoiler : Lorsqu’une personne endeuillée se confie à elle, elle réagit intérieurement avec cynisme et moquerie, allant jusqu’à remettre en question sa santé mentale.) Ce passage m’a semblé particulièrement dur et révélateur : non seulement elle juge, mais elle le fait sans aucune compassion. De manière générale, elle tourne en dérision les croyances des autres (religion, spiritualité, etc.), avec une posture presque de “bully”. On est loin d’un regard critique intelligent : c’est surtout du mépris gratuit. Enfin, son côté “cool” m’a semblé forcé, notamment à travers l’usage constant d’anglicismes qui sonnent artificiels. Et paradoxalement, le seul aspect réellement intéressant et engagé de sa vie — son travail d’écriture dans des romans majoritairement pour la gente féminine pourrait se qualifier de libération sexuelle féminine — est celui qu’elle cache par honte, ce qui affaiblit encore plus son personnage. En court, son manque d’empathie, ses contradictions et son ton constamment négatif ont rendu ma lecture désagréable.
Julia YIU - Le 29 mars 2026 à 13:18