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Musique
Deep in the forest
Edité par Socadisc - paru en P 2024
Les Cyprès, B.11 est à l'origine un cycle de chants de Dvorak sur des poèmes de Gustav Pfleger-Moravsky. Poète de la nature, Pfleger- Moravsky invente des paysages à travers les éléments naturels qui les composent, tout en s'attachant à révéler la dimension symbolique de la nature comme vecteur des états d'âme et des sentiments les plus puissants. L'oeuvre de Dvorak est empreinte de cette approche éminemment romantique, bien que traduite en musique de façon moins tragique - il était l'un des compositeurs les plus joyeux de sa génération ! Dvorak sublime ces textes très tourmentés avec une lumière rare pour l'époque, emplie de danses et de rythmes caractéristiques tchèques. Oeuvre de jeunesse pour un amour impossible, cette pièce vocale accompagnera Dvorak sa vie durant. Ainsi, on entend Les Cyprès en écho dans toute sa musique ; il les aura d'ailleurs lui-même retranscrit pour quatuor à cordes : c'est cette version de l?oeuvre, Les Cyprès B.152 ou Échos des Chants de Dvorak, qui est au coeur de cet enregistrement. La pièce accompagne l'ensemble depuis plus de 10 ans et réunit ses quatre musiciennes dans une recherche singulière de mise en voix des instruments d'archets. Le discours à travers les sons (la rhétorique) et le phrasé poétique, points cruciaux dans la recherche d'interprétation que mène l'ensemble, passent ici d'une dimension sensorielle à une autre, avec pour sujet commun l'amour et ses variations à travers chaque chant et relié à une nature très présente (rochers, ruisseau...). Le Quatuor n°14 op. 105 marque le retour de Dvorak dans son pays natal (après son exil aux Etats-Unis) et la mort de Jospehina pour qui il composa Les Cyprès (on trouvera dans la coda du Concerto pour violoncelle en si mineur, composé au même moment, un extrait de l'un des chants qu'elle préférait).