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Le criticon : roman


Baltasar Gracian (1601-1658). Auteur

Edité par Éd. du Seuil - paru en DL 2008





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  • benito el peniblo 5/5

    Benito el peniblo Typiquement le travail d'un opportuniste qui s'empare d'une relique pour se faire valoir. De la race des profanateurs de sépulture, des naufrageurs qui vivent d'épaves. Typiquement la dérive du traducteur qui, d'abord, s'approche en tremblant du sanctuaire du sublime, puis qui peu à peu s'enhardit; enfin, lisant les écrits de Graciàn sortant de sa propre plume, croit être un penseur du même ordre. Que dis-je, bien mieux, puisque benito el debilo s'aperçoit bien vite qu'ayant accès à bien plus de documents et de résultats compilés de la recherche anthropologique que du vivant de ce pauvre Baltasar relégué dans les obscurités d'une époque encore peu frappée de nos éclaicissements actuels, de la richesse indescriptible de nos connaissances, de notre savoir, benito el croutono va se sentir pleinement autorisé à réviser un peu tout ça, couper des longueurs, des répétitions car, édition oblige et surtout dans les années 90 où on y croyait encore, il fallait à tout prix récupérer le public et par tous les moyens. Faire "amusant" avec une vieilleries qu'un esprit gaillard et vaillant (mais bien évidemment savantissime en plus) n'a plus q'uà dépoussiérer un peu. Par suite donc, explications historicistes pédantes à même le texte et les notes, coupes franches toujours plus douteuses et jeux d'esprit toujours plus suffisants d'ingéniosité supposée par l'auteur, on finit par perdre un peu confiance dans l'érudition semblant jusque là assez réelle du traducteur. Comment pourrait-on, à toutes les époques, croire qu'il y aurait "un progrès" dans la pensée? Que les antiques, les anciens étaient des naïfs? C'est insoutenable de stupidité, et un sacré gâchis. On doit pourtant se contenter de ce ramassis de curiosités destinées à faire rire le "public d'aujourd'hui" dont la vraie curiosité ne peut atteindre ce surcroit de bassesse que Benito suppose être la sienne. Mais il travaillait à cette apothéose avec ardeur. Le roman de Graciàn est manifestement une étonnante splendeur, à en juger par cette ruine calcinée. (je ne parle pas de l'ouvrage lui-même, en parfait état de conservation) P.-S; Je persiste à ne pas comprendre le système de notation par lequel cet automate ne veut pas céder de nous imposer de passer. Que peut bien vouloir dire une opinion, une cotation? Quelles statistiques absurdes doivent donc en découler? je mets "5", puisque le travail du traducteur est irréprochable d'abjection.

    Michel COMTE - Le 11 juillet 2019 à 22:31