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Musique
Scènes andalouses
Edité par Naxos - paru en 2008
Pour de la musique espagnole hispanisante, c'est vraiment de la musique espagnole hispanisante ! Notre ami Bretón, malgré son nom d'apparence quelque peu brezhoneg, est un Espagnol pur jus, dont l'ambition fut de fonder une véritable tradition d'opéra espagnole, dans le genre d'un Meyerbeer ou d'un Wagner. Ce qu'il fit, même si les oeuvres pour lesquelles on se souvient de lui de nos jours appartiennent plutôt au répertoire de la Zarzuela. On découvre ici plusieurs de ses oeuvres les plus "sérieuses", aux sujets médiévaux, légendaires, romantiques. Je dirais même plus, rajouterait Dupont : sérieuses et tragiques, dans le cas de Los amantes de Teruel, où les deux amants, séparés par les cruels Maures, ne se retrouvent que lorsque la belle, qui croit son amant mort, épouse un autre bonhomme. Tous deux perdent la raison et succombent à leur chagrin. Non, on n'est pas dans l'opérette ici, mais bien plus proche de Verdi dans les accents tragiques et théâtraux. L'auditeur remarquera les nombreuses références à des thèmes populaires espagnols (normal), ainsi qu'au fonds musical arabo-andalou (tout aussi normal, d'ailleurs), souvent mis en opposition puisque les "bons" et les "méchants" guerroient d'importance dans les livrets historiques. Plus légères, la sérénade En la Alhambra et les Scènes andalouses jouent l'exotisme national, tandis que Garín, écrit en 1892, expose des mélodies curieusement trottinantes pour un sujet qui s'apparente, a priori, à celui de Tannhäuser. Le héros serait-il rentré de son pèlerinage à Rome à dos d'âne que cela ne m'étonnerait guère, même si l'orchestration fait plutôt penser à un bon vieux Western...