0 avis
Musique
Opera transcriptions & fantasies
Edité par Hyperion Records - paru en C 2020
L'Hexaméron est une des choses les plus folles qu'on ait jamais écrite pour le clavier ; sur un même motif tiré de la Marche des Puritains de Bellini les virtuoses du grand piano romantique écrivirent des pièces où ils transcendèrent leur technique. Chopin n'y montra que le bout de ses doigts en composant une élégie ou flotte un rêve de valse que Marc-André Hamelin joue dans un dolce impondérable avant que la marche ne prenne un ton funèbre. Soudain dans ce déluge d'octaves, dans ses pyrotechnies bavardes, un génie purement musical parait. Liszt lui coudra une coda perlée avant de faire fuser un merveilleux final qui une fois de plus creuse l'écart avec les autres, plus virtuoses mais moins musiciens. Parmi ceux-ci le Ben marcato de Thalberg, avec ses envolées beethovéniennes se démarque. Marc-André Hamelin poursuit donc le disque entre deux opus de Thalberg, assez magnifiques d'invention et deux autres de Liszt bien plus connus. Chez Thalberg le giocoso un peu ironique de la Grande fantaisie sur des motifs de Don Pasquale cède vite le pas à une grande oeuvre lyrique où encore une fois l'esprit de Beethoven, jusque dans le ton assez improvisé de l'ensemble, n'est jamais loin. Les paysages et la variété des sentiments sont encore plus sensibles dans la Fantaisie sur des thèmes de Moïse qu'Hamelin joue avec un brio invisible, y faisant partout de la musique et créant un vrai théâtre avec son piano. Pour les deux Liszt, pour le ton héroïque d'Ernani, plus encore pour la brillante fantaisie où tout Norma parait, son piano impeccable fait oublier l'impossible technique exigée ici, préférant montrer la poésie ou la fantaisie. Je crois qu'il est bien le seul avec Cyprien Katsaris a aujourd'hui offrir un clavier si cultivé dont la transcendance est une vertu supplémentaire, refusant tout esbroufe, cherchant partout l'âme de la musique. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé).