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Musique
Moroccan electroacoustic music 1972-74
Edité par Kuroneko - paru en P 2025
Le compositeur Ahmed Essyad est né à Salé, au Maroc, en 1938. Après des études de musique au Conservatoire de Rabat (Maroc), il s'installe à Paris en 1962, où il devient l'élève de Max Deutsch et, plus tard, son assistant. Formé aux pratiques avant-gardistes de la composition musicale occidentale, il revendique également la musique folklorique amazighe du Maroc comme source d'inspiration fondamentale de son travail. En 1965, il intègre déjà des éléments de tradition orale dans son oeuvre afin de questionner le langage de son temps et doit donc composer avec les limites de la notation musicale et de la communication avec des musiciens qui ne partagent pas ses références culturelles. C'était difficile se mettre d'accord sur ce qui était implicite, "derrière les notes", notamment en matière de gestion du temps musical et des micro-intervalles. A la recherche de nouveaux outils de composition, il se tourne vers la musique électro-acoustique. Travailler en studio lui permet d'être l'interprète de sa propre oeuvre, ce qui assure une certaine continuité avec la musique de tradition orale. Les pièces présentées ici ont été réalisées entre 1972 et 1974 dans un studio dédié à la musique électro-acoustique, le S.M.E.C.A, qui faisait partie de l'Atelier de Musique fondé par Jorge Arriagada à Paris. Le studio était équipé de synthétiseurs EMS et Minimoog, d'un piano, d'un marimba, d'un xylophone, ainsi que de divers instruments de percussions et d'un système de retard à bande. La pratique de l'électro-acoustique n'a peut-être été qu'une simple parenthèse dans la longue et prolifique carrière d'Ahmed Essyad en tant que compositeur de musique contemporaine, mais les oeuvres présentées ici n'en sont pas moins importantes. Elles montrent à quel point il soutenait à la fois les formes d'expression populaires nord-africaines et s'opposait à leur folklorisation à travers des représentations simplistes et "exotiques". Il ne s'agit pas de fusionner l'Orient et l'Occident, ce qui est impossible, dit-il : "le véritable objectif est d'ouvrir un espace imaginaire où une autre modernité puisse exister en dehors du cadre largement eurocentrique de la musique d'avant-garde. La synthèse signifie anticipation, connaissance. Quant à moi, je suis de plus en plus ignorant. J'écris pour découvrir ce que je ne connais pas. La musique me nourrit, elle me pollinise. C'est mon vin quotidien."