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Musique
Concerti per vari strumenti. II
Edité par Naïve - paru en P 2026
Première collaboration entre naïve et les Musiciens du Prince - Monaco, créé en 2016 par Cecilia Bartoli, le volume 75 de l'Edition Vivaldi propose six concertos per vari strumenti, dans lesquels le prêtre roux témoigne d'un esprit de fantaisie sans cesse renouvelé. Première collaboration entre le label naïve et Les Musiciens du Prince - Monaco, l'ensemble créé en 2016 par la mezzo-soprano Cecilia Bartoli et Jean-Louis Grinda (alors directeur de l'Opéra de Monte-Carlo), ce volume 75 de l'Édition Vivaldi explore une nouvelle fois le domaine des concertos per vari strumenti ("à divers instruments"), plus de vingt ans après le premier volume imaginé avec le Freiburger Barockorchester et Gottfried von der Goltz (Vol. 7, Concerti di Dresda, 2003, OP 30283). Dans cette part de son si vaste catalogue, le Prêtre Roux témoigne d'un constant esprit de fantaisie, et affirme une infaillible prédisposition pour apparier astucieusement les timbres. Son extraordinaire sensibilité au timbre, et la dimension expressive qu'il confère à chaque couleur instrumentale, peuvent s'expliquer par les charges diverses (maître de violon, composition) qu'il occupe à l'Ospedale della Pietà entre 1703 et 1740 où il fréquente des musiciennes pouvant pratiquer toutes sortes d'instruments, comme par les liens qu'il cultive régulièrement (pendant une dizaine d'années, à partir de 1716) avec la Chapelle de la cour de Dresde, véritable repère de virtuoses parmi les plus importants de l'Europe du début du XVIIIe siècle. La présente sélection de six concertos reflète parfaitement l'infinie variété des combinaisons prisées par Vivaldi. Le Concerto en ut majeur RV 557 (à deux violons, deux hautbois, deux flûtes à bec, un basson, cordes et basse continue) rappelle les oeuvres d'un Heinichen à Dresde, tout comme le Concerto con molti istromenti RV 555 dont l'effectif large et varié, comprenant vents (dont deux flûtes à bec et une basse de chalumeau), cordes frottées (dont deux violes de gambe) et clavecins, témoigne plus directement encore d'un genre très en vogue dans les années 1720-1730 en terres saxonnes. A contrario, le Concerto en si bémol majeur RV 553 présente quatre violons obbligati qui concertent souvent par paires, et rappelle en dépit de son ton étincelant le concerto grosso par sa structure, comme le genre du concerto da camera pour sa relative effusion. Quant aux Concertos RV 535 et RV 543, ils font la part belle au hautbois, doublé d'un second dans le premier, et d'un violon dans le second. Les changements naturels de textures forcent Vivaldi à tester diverses approches dans le champ des nuances, et des équilibres instrumentaux. Tout au long de cet enregistrement aux équilibres très délicats (Concerto RV 570, Presto) et au nuancier incroyablement soigné (Concerto RV 555, Largo a piacimento, ou Concerto RV 543, Minuetto), Les Musiciens du Prince - Monaco font preuve d'une élégance imperturbable. Impulsés par le directeur musical de l'ensemble monégasque, le Milanais Gianluca Capuano, les tempos sont parfaits et naturels, les lignes nettement dessinées. Quarante-sept minutes empreintes d'une allégresse absolument printanière !