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Musique
Café 1930
Edité par Distrart - paru en P 2026
Le quatrième album de Daniel Matejca, interprète de 21 ans, chez Supraphon marque un changement de genre. Après des sonates virtuoses d'Eugène Ysaÿe (2023), un album de musique de chambre avec le pianiste Jan Schulmeister (Suk, Martinu, Fiser, 2025) et des concertos captivants de Chostakovitch et Prokofiev avec l'Orchestre symphonique de la Radio de Prague et Tomas Netopil (2025), il se tourne désormais vers le tango nuevo, indissociable d'Ástor Piazzolla. Outre le tango argentin, son langage de compositeur reflète non seulement la musique classique contemporaine qu'il a étudiée à Paris auprès de Nadia Boulanger, mais aussi le jazz et surtout la musique de Bach, que Piazzolla interprétait au bandonéon à la surprise générale. Sur une carte, Piazzolla se situerait sur un axe imaginaire reliant Buenos Aires, Paris et New York. C'est sans doute cette richesse d'inspiration qui a captivé Daniel Matejca, pianiste, percussionniste et violoniste (sans oublier le vaste répertoire qu'il interprète), et l'exceptionnel accordéoniste Martin Sulc, dont la palette sonore oscille entre l'intimité et une plénitude quasi orchestrale. Leur parfaite harmonie est une évidence ; mais ce qui frappe davantage, c'est la liberté et l'expressivité qu'ils y insufflent. Les deux suites (Suite del Ángel et Histoire du Tango) portent clairement l'empreinte des études parisiennes de Piazzolla. Bien sûr, l'album ne pouvait se passer d'Ave Maria, d'Oblivion, d'Escualo et de Finale, oeuvres irrésistibles qui, à elles seules, suffiraient à assurer l'immortalité de Piazzolla. Cet enregistrement, réalisé par deux jeunes musiciens fascinés par la légende argentine, pourrait bien contribuer à perpétuer cet héritage.