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Livre audio numérique
Le grenier d'Amandine
Le grenier d'Amandine
Edité par Mozaik / Audiocité
Denis NerincxLe grenier d'Amandine,« Je déteste les vieux. J'ai froid. Il fait humide. Je ne vois plus. Je vis dans le noir. Il n'y a pas de lumière dans mon grenier. Je vis sur un matelas.J'ai faim. Je suis fatiguée. Je ne veux plus dormir.C'est quand je dors que papy vient dans mon grenier. Alors, je dois lui montrer mon amande, comme il dit. »— Viens Amandine, je veux voir ton amande.« Et mammy, elle ne voit plus rien. Elle doit être aveugle. Elle est peut-être sourde aussi, elle entend jamais quand je pleure. Elle ne dit rien. Elle n'a jamais mal.Je déteste les vieux. Ils sentent le rance et ils sont lents. Ils ne connaissent plus le sourire. Ils n'osent plus sourire parce que leurs dents sont pourries.J'ai mal à ma tête. Papa, pourquoi tu viens pas ? Maman ? Où tu es partie ? Pourquoi tu es pas là ? »— Amandine chérie, je n'arrive plus à m'occuper de toi. J'ai trop de problèmes depuis que maman est partie. Alors tu vas aller passer quelques temps chez papy et mammy.— Papa ? Où elle est maman ? Est-ce qu'elle reviendra un jour ? Tu vas venir me voir ? Ça sent pas bon chez papy et mammy. J'aime pas aller chez eux.— Allez, Amandine. Fais un effort. Tu ne vois pas comme je suis épuisé ? Mets ta plus jolie robe et ton beau collier.— Tu viendras me voir, papa ? Elle est où maman ?— Maman ? Là-haut ! Tu le sais bien, Amandine. On en a déjà parlé souvent. Tu te rappelles ?— Tu viendras me voir, papa ? Tu viendras ?** *— Amandine ! Ne fais pas l'enfant. Viens.— Je déteste les vieux. Ça sent pas bon chez eux.— Amandine !— Oui, papa. J'arrive.La porte de la chambre d'Amandine se referma en couinant une pointe de regret. Les yeux embués, la jeune fille s'assit dans la voiture. Elle allait bientôt découvrir son grenier. Son nouvel univers. Son nouveau monde.— Elle est où maman ? Tu viendras me voir souvent, papa ? Tu me promets ?— Amandine. S'il te plaît. La circulation est difficile, tu sais. Je dois me concentrer.À quatorze ans, on n'est plus une petite fille. Une demoiselle déjà, avec une poitrine bien ferme, un ventre légèrement rebondi et un fruit attirant.« Je déteste les vieux. Chez eux, on vit au ralenti. Tout est mort ! »À la vue du perron de la maison bourgeoise qui se dessina à leurs yeux, elle ne put retenir un sanglot. Amandine cacha son visage de ses mains moites. De petits tremblements parcoururent son corps de jeune femme.— Papa. Pourquoi tu vas me laisser chez papy et mammy ?— Mais ce n'est pas pour longtemps, ma chérie. Tu verras, le temps passera vite, très vite.— Et comment je vais faire pour aller à l'école ? Elle est loin mon école et papy n'a pas de voiture.— Pour le moment, ce sont les vacances. Ne t'en fais pas. Sois raisonnable.— Je sais que tu ne viendras pas. Je le sais !** *La porte en fer forgé s'ouvrit lentement et Amandine fit ses premiers pas sur le carrelage marbré du couloir d'entrée.— Et bien, Amandine, tu n'embrasses pas ton papy ?— ...— Je vais