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Livre
Robespierre : la fabrication d'un monstre
Edité par Perrin - paru en DL 2016
Refusant toute approche psychologisante et tout sensationnalisme, cette biographie entend suivre l'homme parmi ses pairs et ses rivaux, à travers ses multiples et successives prises de position politiques. Passé à la postérité comme une figure du monstre, Robespierre doit cette réputation aux thermidoriens. L'auteur démonte la légende noire pour retrouver l'image d'une figure éminemment politique. ©Electre 2016
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Un point de vue original
Jean-Claude Martin a fait sienne l'opinion développée par Tolstoï dans Guerre et paix que les individus ne comptent pas et que seule compte la masse des individus rassemblés. En découle un portrait de Robespierre en homme un peu falot, très loin d'avoir l'influence et la prééminence qu'on lui a prêtée par la suite ou, plus exactement que, d'après l'auteur, les thermidoriens lui ont prêtée à dessein par la suite pour le faire apparaître comme le seul responsable d'une terreur à laquelle ils ont également prêté la main. Ce n'est donc ni une réhabilitation de Robespierre, dans le sens où il ne semble pas avoir des vues bien précises, il semble toujours prendre les mauvaises décisions et ne se retrouver soudain dans une position dominante que par un pur hasard qui donne soudain de l'écho aux positions qu'il défend, ni un portrait à charge car il est à la fois fait bon ménage des portraits à charge le concernant et qu'est mis en valeur le peu d'influence qu'il a sur les faits terribles qui lui sont imputés. Le résultat est intéressant mais au fil des pages, on ne peut arriver à comprendre pourquoi et comment il est là, ce qu'il y fait. Cette impression de trou dans l'explication amène à l'idée que l'auteur veut faire valoir son point de vue et sélectionne les faits qui vont dans le sens de ses théories en passant sous silence ceux qui les contredisent. Moi, je demanderais à un historien (ou à un économiste ou à un journaliste...) de présenter tous les faits pertinents dont il a connaissance, en présentant sa théorie qui peut être un axe de lecture de ces faits et présente donc de l'intérêt, mais en n'occultant pas les faits qui pourraient la remettre en question. Imaginerait-on un physicien spécialiste de physique quantique dissimuler les faits qui plaident pour une vision ondulatoire de la lumière sous prétexte que cette vision contredit l'aspect corpusculaire ? Non ! Et nous sommes finalement intellectuellement enrichis par la présentation de cette contradiction théorique que les physiciens n'ont toujours pas dépassée. Il devrait en être de même dans les sciences humaines qui devraient enfin arriver à ce degré de maturité !
Hervé GARCIN - Le 02 décembre 2019 à 09:41 -
Un point de vue original
Jean-Claude Martin a fait sienne l'opinion développée par Tolstoï dans Guerre et paix que les individus ne comptent pas et que seule compte la masse des individus rassemblés. En découle un portrait de Robespierre en homme un peu falot, très loin d'avoir l'influence et la prééminence qu'on lui a prêtée par la suite ou, plus exactement que, d'après l'auteur, les thermidoriens lui ont prêtée à dessein par la suite pour le faire apparaître comme le seul responsable d'une terreur à laquelle ils ont également prêté la main. Ce n'est donc ni une réhabilitation de Robespierre, dans le sens où il ne semble pas avoir des vues bien précises, il semble toujours prendre les mauvaises décisions et ne se retrouver soudain dans une position dominante que par un pur hasard qui donne soudain de l'écho aux positions qu'il défend, ni un portrait à charge car il est à la fois fait bon ménage des portraits à charge le concernant et qu'est mis en valeur le peu d'influence qu'il a sur les faits terribles qui lui sont imputés. Le résultat est intéressant mais au fil des pages, on ne peut arriver à comprendre pourquoi et comment il est là, ce qu'il y fait. Cette impression de trou dans l'explication amène à l'idée que l'auteur veut faire valoir son point de vue et sélectionne les faits qui vont dans le sens de ses théories en passant sous silence ceux qui les contredisent. Moi, je demanderais à un historien (ou à un économiste ou à un journaliste...) de présenter tous les faits pertinents dont il a connaissance, en présentant sa théorie qui peut être un axe de lecture de ces faits et présente donc de l'intérêt, mais en n'occultant pas les faits qui pourraient la remettre en question. Imaginerait-on un physicien spécialiste de physique quantique dissimuler les faits qui plaident pour une vision ondulatoire de la lumière sous prétexte que cette vision contredit l'aspect corpusculaire ? Non ! Et nous sommes finalement intellectuellement enrichis par la présentation de cette contradiction théorique que les physiciens n'ont toujours pas dépassée. Il devrait en être de même dans les sciences humaines qui devraient enfin arriver à ce degré de maturité !
Hervé GARCIN - Le 02 décembre 2019 à 09:41 -
Quand on est dans le flou, il y a un loup
M. Martin connaît certainement très bien son sujet, mais le raisonnement et l'écriture sont trop brouillons, ce qui donne souvent un sentiment d'incohérence. La volonté de contrebalancer les qualités et les défauts d'un homme nous donne finalement l'image d'un Robespierre pas si génial que ça, qui est absent dans les grandes décisions, et finit pourtant par incarner à lui seul la Révolution. C'est dommage, les ingrédients sont bons, mais trop maladroitement exploités, à commencer par le titre ambigu : il faut comprendre que la postérité à fabriqué très injustement un monstre, là où beaucoup comprennent sans doute que l'histoire a permis à un monstre en puissance de développer toute sa nuisance.
Jacques VIALLE - Le 01 février 2019 à 22:26