Livre


La race des orphelins : roman


Oscar Lalo (1965-....). Auteur

Edité par Belfond - paru en DL 2020


Un homme est engagé pour écrire l'histoire d'Hildegard Müller, une vieille dame de 76 ans. Très vite, il comprend que sa vie est liée à l'un des secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale. ©Electre 2020


Collection : Pointillés



Vérification des exemplaires disponibles ...

Se procurer le document

Vérification des exemplaires disponibles ...

Suggestions

Du même auteur

Les contes défaits : roman | Oscar Lalo (1965-....). Auteur
Livre

Les contes défaits : roman

Oscar Lalo (1965-....). Auteur - Belfond - DL 2016

Des parents envoient aveuglément leurs enfants dans un camp de vacances, rythmé par un quo...

Le salon | Oscar Lalo (1965-....). Auteur
Livre

Le salon

Oscar Lalo (1965-....). Auteur - Plon - DL 2022

Le narrateur, un homme de 39 ans, achète sans trop savoir pourquoi une édition à un euro d...

Les contes défaits : roman | Oscar Lalo (1965-....). Auteur
Livre

Les contes défaits : roman

Oscar Lalo (1965-....). Auteur - Belfond - DL 2020

Des parents envoient aveuglément leurs enfants dans un camp de vacances où le quotidien, i...

Le dernier amant : monologue avec une terre battue | Oscar Lalo (1965-....). Auteur
Livre

Le dernier amant : monologue avec une terre battue

Oscar Lalo (1965-....). Auteur - Récamier - 2023

L'histoire d'un homme qui, sous prétexte d'aimer sa femme, l'a maltraitée des années duran...

Chargement des enrichissements...

Avis

vos avis

  • Puissant, âpre et instructif 4/5

    J’avais déjà entendu parler des Lebensborn, mais à la marge (notamment dans Lignes de faille de Nancy Huston). D’ailleurs, savez-vous ce que c’est ? Rien d’autre qu’une maternité SS. Elles s’inscrivent dans le programme (créé en 1935) visant à « remplacer la race inférieure par la race supérieure ». Là où les enfants sont normalement conçus avec désir, envie et amour, là ce ne sont rien d’autre que des accouplements (voire des viols) entre « bons SS » et femmes au sang suffisamment pur et au physique bien aryen. En tout il y en aura trente-quatre de par l’Europe, dont neuf en Norvège.   La narratrice est une enfant Lebensborn. Elle revient au gré de ses réflexions, retranscrites par son scribe (elle a tardivement appris à lire et à écrire, elle pour qui l’écrit est « synonyme d’humiliation, de détresse, de noyade »), sur ces trous, ces fantômes qui rodent autour de sa naissance. Les nazis qui notaient tout, ont là bien pris soin d’effacer toutes traces de leurs méfaits (« Le jour de la mort d’Hitler, les SS ont détruit les informations relatives à ma naissance. Cette chorégraphie mort-vie prélude à mon inexistence »). Elle, enfant Lebensborn, pouponnée par le pire des bourreaux, Himmler himself, ne saura jamais qui sont ses parents.   Au-delà de ce statut d’orpheline, ce qui est mis en exergue ici c’est le sort de ces enfants, ces « bébés sales » qui porteront toute leur vie l’infamie de ce firent et furent leurs parents, comme s’ils étaient nés avec une croix gammée sur le front, entre les sourcils (comme le bindi hindou). Ces bébés deviendront des enfants, souvent nommés « les enfants de la honte ». Comment grandir, comment se construire quand personne ne veut d’eux. Les différents organismes chargés de placer les orphelins à la fin de la guerre ne savent que faire d’eux. Au moment de poser ces propos, elle se penche sur les recherches qui ont pu être faites sur les orphelins de guerre, beaucoup de choses ont été documentées mais tellement peu sur eux. Il y aura bien un procès sur les dignitaires du Lebensborn programm, mais aucun ne sera condamné (à vrai dire ils seront même acquittés !). Ils n’auront même pas droit à un statut de victime. Voilà pour le fond. Le récit lui prend une forme fragmentaire. Comme le dit la narratrice au début du livre « Peu de lignes par page. Déjà un miracle qu'il y ait ces mots sur ces pages que vous tenez entre vos mains. Vous auriez pu tenir du vide. Mon histoire n'a pas de début. » C’est tout à la fois puissant, intense et d’une grande sensibilité. Les mots nous frappent en plein cœur sans jamais tomber dans le pathos. Bravo !

    Karine DAVID - Le 13 mai 2023 à 18:18