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Livre
Le droit au retour : roman
Edité par Éd. du Seuil - paru en DL 2011
En 2024, Israël est sous haute protection, connaît de graves problèmes d'eau, de sécurité et de vieillissement démographique. A Tel Aviv, Bram Mannheim, 53 ans, vit seul avec son père et est responsable d'une petite agence de recherche d'enfants israéliens enlevés pour être vendus à des familles palestiniennes. C'est son choix depuis que son fils a mystérieusement disparu en 2008.
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Le droit au retour
Avec ce roman, l'auteur néerlandais Léon de Winter - que je découvre pour la 1ère fois - ne choisit pas la facilité et évoque ni plus ni moins que l'avenir d'Israël, dans un ouvrage qu'on peut qualifier de thriller politique d'anticipation dans un Proche-Orient en ébullition. Le récit essentiel se passe en 2024, en Israël : lassés d'être la cible des attentats et des roquettes ennemies, la majorité des Juifs modérés ont "pris le virage" et déserté le pays, laissant ce champ de bataille aux barbus de tous bords. Réduit à une peau de chagrin, l'Etat hébreu ne trouve plus de réconfort que derrière son immense mur d'enceinte, que nul ne peut franchir à moins de posséder un ADN "juif". C'est dans cet enfer que vit le resonnage principal Bram Mannheim, la cinquantaine, fils d'un ancien lauréat du prix Nobel d'origine néerlandaise. Il est ambulancier bénévole à Tel-Aviv et dirige également une petite agence chargée de retrouver les enfants kidnappés. Seize ans plus tôt, lui-même a perdu son fils Bennie, enlevé à l'âge de quatre ans alors qu'il vivait à Princeton aux Etats-Unis et y enseignait l'histoire. Un drame intime qui a ruiné son mariage et dont il ne s'est jamais vraiment remis. Mais voilà qu'un attentat-suicide aux abords d'un poste-frontière va le mettre sur la piste d'un réseau de ravisseurs de jeunes garçons juifs... On pourra toujours trouver matière à polémique dans ce livre et il n'est pas douteux que Léon de Winter se cache derrière certains de ses personnages pour émettre des jugements péremptoires, tant sur les juifs que sur les musulmans. Ce roman très sombre n'est pas fait pour plaire à tout le monde, mais il laisse la latitude à chacun, au-delà de son caractère de suspense bien charpenté, de réfléchir et d'approfondir sa propre conception de thèmes aussi délicats que le droit du sang et celui du sol.
ACZ - Le 26 décembre 2017 à 12:35