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Musique
Sonata for two pianos in D major, K. 448/3875a. Fantasie for piano four hands in F Minor, D. 940
Edité par Distrart Musique - paru en C 2020
Avec ce couplage classique, Scholtes et Janssens n'ont pas eu froid aux yeux et avouent (dans une notice par ailleurs indigente) que la confrontation avec quelques références écrasantes (au premier rang desquelles Lupu/Perahia) ne va pas de soi. Mais bien qu'encore jeunes les deux musiciens fréquentent ces oeuvres depuis 17 ans et en ont une approche simple : place au plaisir ("libidinal" ajouterait Fabrice Lucchini) de jouer. Le résultat est brillantissime et frustrant : les mouvements rapides impressionnent par leur maîtrise, leur lisibilité et leur allant. Mais dans les épisodes plus lents, leur volonté de se parler les amène à des choix plus discutables (rubato, ralentis, nuances ad libitum). L'andante mozartien n'y résiste pas. Mais quelle franchise et quelle joie de concerter! Leur connaissance intime des partitions leur permet au passage de petites merveilles : la manière dont ressortent telle ligne de basse dans Mozart, tel contre-sujet de fugue dans Schubert, est bluffante. En "bonus" (pour porter la durée du disque au-delà de 40 courtes minutes) deux déplorations extraites des "7 chorals de Bach" arrangés par G. Kurtag vers 1990 et revus en 2010 (pas un mot dans la notice...). Mais passons, oublions la profondeur des oeuvres, et laissons le dernier mot à Menahem Pressler : "en écoutant jouer ces jeunes gens, vous penserez que tout dans le monde va bien se passer". Pas négligeable en ce moment!