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Livre
Le Guépard : roman
Edité par Éditions Points - paru en DL 2020
En Sicile, en 1860, une famille de la haute aristocratie subit les conséquences du changement de régime en faveur des républicains. Tandis que le prince Salina se laisse gagner par la nostalgie, son neveu Tancrède incarne la force nouvelle qui ébranle son pays. Il demande la main d'Angélique, fille d'un parvenu, alors que cette union signe la défaite du blason de la famille. ©Electre 2020
Collection : Points (Paris)
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Bonjour. Pourriez-vous me confirmer quand est-ce que je pourrai obtenir ce prêt ? Par avance merci Bonne journée
Marie- Pascale, De MATHAREL - Le 20 janvier 2025 à 13:42 -
Un immense chef-d'oeuvre!
1860: Garibaldi, à la tête de l'expédition des Mille, débarque en Sicile, pour faire tomber le royaume des Deux-Siciles, gouverné par les Bourbons. Sur fond de grands changements historiques, le roman se concentre sur la chronique d'une famille princière, les Salina. Au centre, un personnage se détache, fastueux: le Guépard, Prince de Salina, nommé ainsi par métonymie, en référence au blason de sa famille. Pendant que le royaume de Piémont unifie le pays, on suit les moeurs de cette famille, au mode de vie marqué par la répétition de cycles immémoriaux ; cependant, derrière le lustre ancestral, une autre mutation s'opère, sociale celle-là: une nouvelle classe bourgeoise émerge, supplantant la vieille caste de la noblesse. Ce roman, au style chamarré digne d'une belle tapisserie, fait de longues phrases proustiennes, envoûte par son charme chaud, capiteux ; le charme de cette ailleurs sicilien, terre pleine de sortilèges, si séduisante, mais brûlée dans les faits par un soleil terrible (l'été sicilien, c'est l'hiver sibérien, nous apprend le Guépard). Le vocabulaire est riche, si riche, cette traduction est si belle! Qu'est-ce que ce serait, si nous pouvions déguster cette prose dans sa langue d'origine! Nonobstant, Lampedusa nous fait rire (autre élément proustien), aux dépens de cette aristocratie si brillante ("tout ce qui brille n'est pas d'or", Shakespeare) ; encore une comparaison flatteuse en faveur de ce roman, c'est une dimension clé de la Rercherche du temps perdu. La profondeur psychologique, n'est-ce pas la marque de fabrique des romans classiques du XIXe siècle? Le Guépard nous plonge dans les tourments qui agitent tout humain, aussi bien né soit-il ; tous, nous sommes parcourus par le doute, par les peines, par la pensée de la mort, qui approche.. Le Guépard, lui-même, n'y échappe pas. Les morceaux de bravoure sont nombreux: on pense notamment à la fameuse scène du bal (le film de Visconti, si célèbre, nous revient à l'esprit en lisant ce livre ; cependant, il n'atteint pas à la même puissance d'évocation, selon nous) ; le roman culminera dans le chapitre suivant, dont on ne vous dévoilera pas le contenu ici, afin de vous en laisser l'entière surprise ;-). Vraiment, un grand roman, court -et c'est un atout à notre époque-, qui nous rappelle, même plus âgé, même plus sceptique, les lectures des auteurs sacrés du XIXe siècle (Balzac en tête). Je vous laisserai découvrir ces trésors, qui vous plairont tout autant qu'à moi, je l'espère! Reynald Joris
Reynald JORIS - Le 16 mars 2021 à 15:45