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Musique
Prozession
Edité par Distrart - paru en C 2023
A part dans la panoplie des formations de musique contemporaine, l'ensemble Nikel rassemble, depuis sa création en 2006, des instruments plus habitués aux scènes rock (ici, guitare électrique, synthétiseur Moog, saxophone ténor et batterie) ; et c'est précisément, en plus de son intérêt pour le son de Jimi Hendrix (sans pour autant puiser directement dans sa musique), ce qui tente Enno Poppe (1969-) pour "Fleisch", la première des deux pièces du disque, en trois mouvements très différents mais unis par un esprit électrique - et une technique d'écriture qui évoque le collage de fragments éclatés qui se heurtent dans une texture dense. "Prozession", le deuxième morceau, se présente de façon très différente, grande arche de plus de 50 minutes, qui a toutefois en commun d'intégrer les instruments précités dans l'orchestre (cette fois des claviers d'origine plutôt que des copies - avec ce que cela comporte comme manque de fiabilité), pour une musique aussi intense (les quatre percussionnistes sont postés aux quatre coins de la scène et entourent l'ensemble), qui porte son expressivité à l'avant-plan et épouse l'apparente infinité des musiques de processions - comme souvent chez Poppe suit un processus, qui une fois enclenché, voit la pièce grandir, et encore grandir ; mais elle a une fin, énigmatique, comme dissoute dans le reflux marin. (Bernard Vincken)