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Musique
L'Ecole française du piano : vol.4 : Robert Casadesus
Edité par Distrart Musique - paru en C 2019
Ces quatre CD présentent des archives de la Columbia française, captées entre 1928 et 1937. De Robert Casadesus, on connaît plus volontiers les grands témoignages d'après-guerre (le legs CBS) notamment avec les orchestres américains ou bien à Vienne, au Concertgebouw. Beaucoup d'entre eux sont en stéréo. Avant-guerre, l'auditeur découvre le toucher brillant, clair et subtil du jeune pianiste, qui se lia d'amitié avec Fauré et Ravel, mais aussi Schmitt, Falla, Roussel... Dans les concertos nʿ 24 et nʿ 26 de Mozart (la version de 1931 de ce dernier est éditée pour la première fois), on oublie aisément la pâleur de l'orchestre. En revanche, on admire la finesse des onze sonates de Scarlatti, l'énergie, la fraîcheur juvénile de la Sonate Les Adieux de Beethoven, des Etudes symphoniques de Schumann. Les Ballades de Chopin sont aussi imprévisibles et libres que celles de Cortot. Lumineux d'intelligence et d'une ineffable séduction, le piano réjouit dans le Quatuor de Fauré, la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy avec Maurice Maréchal. Le sentiment de liberté s'associe étonnement avec une profonde cohérence de la construction, dans la Sonate en la majeur de Schubert, par exemple. Particulièrement bien nettoyées, les bandes mettent en valeur la sobriété du style de Casadesus, qui ne laisse place à aucun épanchement. Une telle maîtrise, une pureté aussi idéale de style ont marqué la discographie de l'après-guerre. Ici, nous en avons l'avant-goût.