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Musique
Argippo
Edité par Naive - paru en C 2020
Avec cette deuxième contribution à l'Édition Vivaldi, Fabio Biondi et son ensemble Europa Galante signent ici l'enregistrement du vingtième opéra de la collection un pasticcio comme il s'en faisait beaucoup à l'époque, dans lequel Vivaldi "recycle" des airs à succès extraits d'opéras de ses contemporains. L'ouvrage a, plus que tout autre, échappé de justesse à l'oubli. La partition originelle composée par Vivaldi en 1730 pour Vienne et Prague étant perdue, un minutieux travail de reconstruction du manuscrit a été mené par le musicologue Bernardo Ticci, pour qui la musique de Vivaldi n'a aucun secret, à partir de plusieurs sources existantes éparpillées en Europe de l'Est (les livrets des deux productions, un recueil d'airs et un ouvrage anonyme augmenté d'airs de Galeazzi, Pescetti, Hasse, Porpora, Fiorè et Vinci). C'est la version de ce pasticcio qui est ici recréée et enregistrée. Rivalités amoureuses et conflits familiaux, accumulation de quiproquos, sentiments contrariés et émotions exacerbées sont une matière inépuisable pour Vivaldi. Le compositeur vénitien trouve dans le texte de Domenico Lalli, librettiste de plusieurs ouvrages lyriques inspirés de l'Empire moghol, tous les ressorts propices à une écriture contrastée et toujours rougeoyante aux feux de l'amour à mort : allegros tapageurs et fougueux voire hallucinés, cantabile tendres ou angoissés, écriture "galante" Virtuose tant dans sa vocalité que dans ses lignes instrumentales, "cet opéra improbable porte le sceau d'un authentique pasticcio vivaldien", écrit Reinhard Strohm. On y distinguera particulièrement l'aria di furore de Zanaida "Se lento ancora il fulmine" (acte I, Delphine Galou), l'air d'amour d'Osira "Vado a morir per te" (acte III, Marie Lys) et le "Da più venti combattuta" de l'acte II (Emöke Baráth).