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Musique
Der Künder
Edité par ORFEO International Music - paru en C 2022
On ne le sait que trop peu, mais Antal Dorati fut d'abord compositeur. Si son harassante activité de chef d'orchestre l'éloigna longtemps de la table de composition, il y revint sur le tard. Le prouvent entre autres des Symphonies, un cycle de Lieder (magnifique Die Stimme), et cet " Elu " auquel il rêva longtemps avant de finalement le mener à terme. Le sujet même du Mystère de Martin Buber le reconduisait à la réflexion qu'il menait sur sa judaïté, Martin Fischer-Dieskau ne fut pas pour peu dans l'achèvement de cet opéra d'importance, dont la trajectoire, les couleurs de cendre, le ton de parabole pourraient s'apparenter à ceux mis en oeuvre par un autre interprète, lui aussi pour son unique opéra : Le Marchand de Venise d'André Tchaikowsky. Finalement, Martin Fischer-Dieskau aura pu enfin graver l'oeuvre à Cracovie, grâce à l'implication de Tomasz Konieczny qui s'empare du rôle d'Elie avec les ferveurs d'un prophète. Entouré d'une distribution de première ordre (l'Ahab de Michael Schade, la Yesebel de Rachel Frenkel) il donne à cette partition sévère, écrite en couleurs sombres, toutes ces chances, la tirant du ton d'oratorio qui pourrait lui nuire sous des baguettes moins averties. Aussi éloignée que soit l'écriture de Dorati de l'atonalisme que Schoenberg déploya dans son Moses und Aron, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre ces deux oeuvres : elles côtoient les mêmes altitudes spirituelles. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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Cyril LAUMONIER - Le 24 janvier 2023 à 14:46