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Film
Notre caméra analytique : mise en catalogue des images et objets : [ouvrage publié à l'occasion de la rétrospective intégrale, projections, expositions, installations de Yervant Gianikan et Angela Ricci-Lucchi à Paris, du 25 septembre au 15 novembre 2015] : [accompagné des films "Transparences" (1998) et "Images d’Orient – Tourisme vandale" (2001) réalisés par Yervant Gianikan et Angela Ricci-Lucchi]
Edité par Post-éditions Centre Pompidou
Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi sont des cinéastes-résistants, sans cesse sur le qui-vive, d’infatigables veilleurs, des empêcheurs d’oubli. Ils cherchent moins à convaincre coûte que coûte le spectateur qu’à introduire un doute fécond, l’amorce d’une dialectique entre présent et passé, ici et ailleurs, vérités et mensonges, idéologies et histoire. « Il aurait pu s’agir de la première ou de la dernière caméra ; la caméra ou l’appareil de la mémoire. Elle réécrit le cinéma en commençant par le début. Le film se copie lui-même, il se prend au miroir au moyen du déclencheur automatique. Il se regarde, se scrute verticalement, il jette sur celui qu’il aime, en secret, un long regard de chagrin. C’est un appareil pensant, qui classe, associe, construit le catalogue des variantes (apocryphes) des images. Il fixe son attention sur les détails, en choisissant ou en agrandissant ces objets partiels qui existent pour lui à l’intérieur d’une photographie transparente, d’un photogramme. Dans le fait de repasser l’image, le temps de l’opération, de l’écoulement, ne compte pas ; en retardant et en dilatant le temps de l’observation jusqu’aux limites de la perception du mouvement, c’est le mode de savoir qui se manifeste. »
