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Journal, 1942-1944. Hélène Berr, une vie confisquée

Hélène Berr (1921-1945). Auteur - Mariette Job. Auteur

Edité par Points - paru en 2009

Journal d'H. Berr, une jeune juive parisienne, de 1942 à 1944. Cette agrégative d'anglais relate son quotidien. Contrainte à porter l'étoile jaune, elle est déportée en mars 1944 et meurt d'épuisement à Bergen-Belsen, quelques semaines avant la libération des camps. S'ensuit une biographie de la famille Berr, qui examine l'historique de la conservation du manuscrit redécouvert en 2002.

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  • Journal, 1942-1944, Hélène Berr, une vie confisquée 5/5

    Ce journal n'a été publié qu'en 2008, car son sort a connu un destin particulier. Hélène Berr sait qu'elle peut être à tout moment arrêtée en tant que juive. Elle le confie à la cuisinière de la famille, pour que Jean, celui qu'elle aime et qui a quitté la France, puisse le lire un jour. 50 ans plus tard,la nièce d'Hélène retrouve Jean. En 2002, le manuscrit est exposé au Mémorial de la Shoah, à Paris, puis édité. Hélène Berr est née le 27 mars 1921 à Paris. Etudiante brillante à la Sorbonne, tout d'abord avec une licence d'anglais, puis en juin 1942 son diplôme d'études supérieures de langue et littérature anglaise, elle évolue dans un milieu de grands bourgeois intellectuels, son père est vice-PDG des usines Kuhlmann, il a été interné au camp de Drancy pendant 3 mois, libéré grâce au versement d'une caution de Kuhlmann. Hélène Berr n'est pas Anne Frank. Son journal n'est pas celui d'une recluse. Quand elle en entreprend la rédaction, en avril 1942, ses journées dans le Paris de l'Occupation ressemblent encore à celles de n'importe quelle jeune fille de bonne famille : cours d'anglais à la Sorbonne, promenades dans le Quartier latin, escapades à la campagne et après-midi entre amis, passés à jouer du violon, boire du chocolat chaud et fumer des cigarettes égyptiennes... Courtisée par les garçons, choyée par ses parents, brillamment reçue à ses examens, Hélène a tout pour être heureuse. Seulement voilà : elle est juive, et ne tardera pas à comprendre ce que cela signifie. Les premiers jours du journal, Hélène Berr vit donc une existence ordinaire et insouciante comme tous les jeunes gens de son âge, son emploi du temps est chargé entre les cours à la Sorbonne, ses amis, la musique qui a une place très importante dans sa vie, la littérature. Elle est aussi une jeune fille de 21 ans qui est tombée amoureuse d'un beau jeune homme aux yeux gris, Jean, rencontré en novembre 1941 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.L'occupation est reléguée au second plan. La première cassure se fait sentir quand le port de l'étoile jaune est imposé en juin 1942, certaines personnes dans la rue viennent spontanément lui témoigner un geste de solidarité. Elle ne peut pas préparer le concours d'agrégation dont sont exclus les juifs dès la rentrée de 1942. Le journal d'Hélène Berr est foudroyant d'intelligence et ce qu'elle nous dit parle de tous les génocides. Ce qui me frappe le plus est ce qu'elle écrit de l'incapacité qu'ont ses proches de comprendre l'impensable. Bénévole à l'Union générale des israélites de France (UGIF), qui servait d'interface avec l'occupant allemand et où elle s'occupe d'orphelins juifs, Hélène est très vite au courant des atrocités qui se passent au moment des arrestations et plus tard en déportation. Comment relater cela à ses proches ? Elle constate avec effarement que les gens sont incapables d'entendre ce qui ne les touche pas directement. Lors des rafles du Vel d'Hiv, si on dit : 'Ma soeur et son enfant de trois ans ont été arrêtés et séparés.", alors on suscite l'intérêt. Si on dit : "Deux mille personnes ont été arrêtés hier dans la nuit. Des personnes invalides ont été jetées par la fenêtre. Ils sont partis dans un convoi plombé pour l'Allemagne où sont entassées 60 personnes de tout âge et de toute condition.", alors on croise un regard incrédule et dubitatif. Dans ces conditions qui la mène à une totale schizophrénie, elle se tait et continue à aider des enfants orphelins et à faire tout ce qu'elle peut pour soulager les plus malheureux. Elle interrompt son journal pendant 9 mois de fin novembre 1942 à août 1943. Quand elle le reprend, elle veut laisser un témoignage et elle s'astreint à décrire tout ce qui lui est rapporté, tout ce à quoi elle assiste car elle sait qu'on voudra effacer ces atrocités, les oublier. Elle est consciente que des faits plus terribles seront dévoilés, elle pense en particulier aux déportés, mais il faut qu'elle témoigne et surtout qu'elle laisse son journal, ses réflexions à son fiancé Jean engagé dans la France libre. Elle dit : " je sais pourquoi j'écris ce journal, je sais que je veux qu'on le donne à Jean si je ne suis pas là lorsqu'il reviendra. Je ne veux pas disparaître sans qu'il sache ce que j'ai pensé pendant son absence". Courant février 1944, la famille Berr ne dort plus chez elle, ils sont accueillis par différentes personnes. Mais le 7 mars, ils décident de revenir dormir à leur domicile, ils y seront arrêtés le 8 mars au matin, et transférés à Drancy. Elle sera déportée à Auschwitz avec ses parents le 27 mars 1944 (jour anniversaire de ses 23 ans...); la mère a été conduite à la chambre à gaz le 30 avril et le père y a été assassiné en septembre par un médecin-chef polonais, antisémite farouche. En janvier 1945 lors de l'évacuation des détenus d'Auschwitz ; elle est transférée à Bergen-Belsen où elle succombe aux mauvais traitements et à l'épidémie de typhus début avril 1945, 5 jours avant la libération du camp par les anglais. Ce journal continue à nous interroger sur l'abjection de l'homme et sur le renoncement coupable, l'incroyable silence des témoins qui n'ont su se lever pour arrêter la barbarie. C'est une lecture émouvante, elle nous a laissé un vrai témoignage. Qu'elles s'appellent Hélène, Anne , Simon,Nathan, Judith, Sarah, n'oublions jamais ces victimes de la barbarie. Et aujourd'hui, que faisons-nous ? Qu'avons-nous appris du passé ? A lire absolument malgré un tout petit bémol dont je suis honteuse et navrée en raison du sort tragique de la narratrice et du dramatique sujet relaté (la Shoah), mais que je ne peux pas taire car il a perturbé ma lecture à plusieurs reprises: Hélène Berr éprouvait visiblement une passion pour l'anglais et elle en truffe littéralement (et sans doute un peu trop, à la limite d'un certain maniérisme) son journal (expressions mais aussi très nombreuses citations de Keats et de Shakespeare). Et c'est un mot anglais qui clôt ce journal: " Horror! Horror Horror!"

    par ACZ Le 30 mars 2018 à 12:26