Hommes de sable raconte un voyage en Égypte, le pays d’origine de la poète. Cet itinéraire initiatique offre au lecteur des images constituées de couleurs et d’émotions, entremêlées à des paysages anciens et actuels, lumineux et empreints de grâce, bien que, sans cesse, au bord de l’effondrement, comme le vent passe sur les sables du désert et sur la tranche d’un temps lointain :les dômes de prière arrondissent le paysageet de miel est le sable qui écorche la peaules bleus s’enfoncent dans la terrede feu de corail et de dorureflottent les arabesquesangles purs étalés sur la noirceur(…) mille mains dans une mer de bétonet quelques feuillages pour éclaircir l’enfanceL’Égypte surgit sous nos yeux en des « notes vibrantes sous les moires d’Orient / langueur dans les membres / et vagues dans les reins »; l’Égypte s’éveille quand « s’agite le cœur / sous les troubles de harpe / la soie glisse tombe doucement ». Le chant s’allie à la danse :il y a dans l’air les aveux de la nuitet dans le satin un désirqui va là sous l’astre lunaireVoilà le pays des «hommes de sable», celui qui est lieu de l’origine, mais aussi lieu de blessure : « le soir sous mes gravats insondables / pleure avec moi le Nil immuable ».L’amour, qui marque ce voyage, aurait-il enfin un pouvoir de transcendance, demande la poète : « ne se terminera-t-il pas / cet interminable voyage / vers le non-sens et les fonds vaseux / le flou douloureux des origines »?