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Les deux notes

Aloysius Block

Edité par Mozaik / Audiocité

Aloysius BlockRaymond Philippe Auguste Brucker, né le 5 mai 1800 à Paris et mort le 28 février 1875 à Paris, était un écrivain français. Ouvrier éventailliste, puis essayiste et littérateur, il s'était converti au catholicisme en 1839. Il fut professeur de philosophie. Il écrivit sous divers pseudonymes (Paul Séverin, Aloysius Block, Champercier, Duvernay, Ch. Dupuy, Olibrius), et en collaboration avec Michel Masson (1800-1883) sous le pseudonyme de Michel Raymond.Aloysius Block.Niccolò Paganini est un violoniste, altiste, guitariste et compositeur italien, (1782-1840). Il est souvent évoqué comme étant le plus grand violoniste jamais connu. Il fut aussi un compositeur réputé, ayant inventé de nouvelles façons de jouer du violon.LES DEUX NOTESConte fantastiqueAloysius BLOCKParu dans L’Artiste en 1831.*********« Ravi de vous rencontrer ! Vous allez à l’Opéra.– J’ai la loge 22, première galerie.– C’est aussi la mienne. Montons. »Nous montâmes. C’était un homme sec, aux joues bronzées, aux favoris couleur de feu ; type de sanglier ; crucifié dans un habit noir. Jamais, au grand jamais, je ne l’avais vu.Il prit mon bras sous le sien. Ce bras était chaud ; et dès qu’il m’eut soudé à ses hanches, il me survint une sorte de faiblesse comme celle que vous avez sans doute éprouvée le jour, le soir ou la nuit qu’une femme défaillante de la danse ou du sermon, au sortir de la messe ou à la fuite enflammée du bal, vous a saisi pour la soutenir. Vous deviez avoir dix-huit ans à la date de cette émotion, je le sais. Des gants blancs, des souliers qui vous faisaient souffrir ; elle, avait un transparent rose, la gorge ouverte à l’air de la nuit, et le bras en sueur. Ce bras se fondait sur le vôtre ; vous en sentiez l’ardente étreinte ; votre âme était entre vos deux bras. Une sensation quelconque qui serait tombée entre le sien et le vôtre vous aurait infailliblement foudroyé. L’âme se trouve où l’on sent le plus. Dans une bataille, il suffit du poing coupé pour tuer un cavalier. Son âme est dans son poing.J’étais à lui, à mon inconnu. Vint à nous l’ouvreuse de loges. Je voyais mal. Pourquoi ? Je ne sais. Elle me fit l’effet d’une vieille clef. Sa tête ridée par la poussière des corridors, cuivrée par le gaz, son corps aminci par l’habitude de s’effacer au passage, ses bras desséchés par la tyrannie des contremarques, tout chez elle s’allongea, se durcit, devint acier, devint clef. Elle s’enfonça dans la serrure. La porte s’ouvrit. Nous entrâmes.Je suis du Marais : je n’avais jamais vu l’Opéra ; tous mes amis peuvent l’attester. Je fus surpris.« Vous n’étiez jamais venu ici, n’est-ce pas ?– C’est vrai, monsieur ; mais qui vous l’a dit ?– Personne ! À votre air d’étonnement, à votre admiration d’enfant, j’ai compris... Comment trouvez-vous cette salle ? »Son tabouret touchait le mien.Malédiction ! Qui peut dire comment j’ai trouvé cette salle ! Au plafond c’était un jet d’eau, écumant de lumière, jaune, rouge, vert, orange,

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