Saviez-vous que vous pouvez sélectionner directement le texte à vocaliser ? Pour plus d'informations sur la vocalisation, rendez-vous ici
Ecoutez

Vidéo numérique

On ne tue jamais par amour

Manon Testud (Réalisateur)

Date : 2021 - Durée : 00h15


Pour accéder à cette vidéo, vous devez être inscrit en bibliothèque de prêt et saisir votre numéro de compte lecteur et votre mot de passe après avoir cliqué sur "Consulter la vidéo" .

C’est au cœur de la nuit qu’elles se réunissent. Des femmes, des sœurs, des ami.e.s : un groupe féministe qui se retrouve pour écrire sur les murs de Montréal. Leur défi : éveiller les consciences pour mettre un terme aux violences systémiques que subissent les femmes et les minorités de genre. Alors étudiante à l’École des métiers du cinéma et de la vidéo de Rivière-du-Loup, Manon Testud a suivi le collectif Collages féminicides Montréal lors de leurs actions de collages nocturnes dans la principale ville du Québec. Fontaines, bancs publics et façades, chaque pan de rue s’habille de phrases sur les rapports de domination hommes-femmes. Ces actions interlopes et féministes paraissent de prime abord suspectes pour le chaland. Il est rare de voir la rue peuplée par des groupes de femmes alors que les groupes d’hommes occupent plus facilement l’espace public et sont assimilés par les premières à une source potentielle de danger. Cette inquiétude fait partie de ce que les militantes dénoncent : la société est pensée par les hommes pour les hommes ; elle permet l’apparition d’un continuum de violences à l’égard du genre féminin. De l’agissement sexiste au harcèlement de rue caractérisé, de l’agression physique et sexuelle au féminicide, chaque mot, geste, attaque ou coup portés à l’encontre des femmes et des personnes non genrées ou transsexuelles, jaillit sur l’ensemble d’entre elles. C’est donc par élan solidaire, par conviction politique et par volonté de saper les inégalités que ces jeunes femmes ont décidé de passer à l’action dans l’espace public qu’elles se réapproprient avec des mots. Une pour toutes et toutes pour une. Ces messages deviennent visibles au grand jour et leur sens est partagé par certain.e.s. Dans cette mouvance clandestine revendicatrice, qui rappelle les codes du street art et s’empare de l’un de ses médiums, le commun a de l’importance. Il y a des rôles à jouer et un esprit collectif à trouver, comme dans une équipe de sport. Certaines collent, d’autres surveillent. Le film suit de près, en caméra embarquée, ces actions, ces visages sur une musique électronique signée Bastien Banville. On ne tue jamais par amour rappelle des films comme Gimme The Loot (2013) d’Adam Leon, Vandal (2013) d’Hélier Cisterne ou Los Hongos (2014) d’Oscar Ruiz Navia, où le graffiti permet de s’affranchir des carcans, interroge le réel et ouvre de nouveaux horizons.

Consulter en ligne