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Livre
Dans le ventre du Congo : roman
Edité par Éditions du Seuil - paru en DL 2021
Malgré la demande du sous-commissaire Robert Dumont, onze Congolaises sont forcées de s'exhiber devant des visiteurs curieux lors de l'Exposition universelle de Bruxelles en avril 1958. Parmi elles figure la jeune Tshala, fille du roi des Bakuba, avant qu'elle disparaisse sans explication. En 2004, sa nièce rencontre Francis Dumont, professeur de droit à l'université libre de Bruxelles. ©Electre 2021
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"Dans le ventre du Congo", à la lumère de "Il est à toi ce beau pays"
Comme par un fait exprès, j'ai lu le livre de Blaise Ndala, Dans le ventre du Congo" après avoir lu celui de Jennifer Richard, "Il est à toi ce beau pays", à peine plus ancien (ce dernier est paru en 2020 en édition de poche dans une version révisée par l'auteur, alors que le premier est paru en janvier 2021). Or ces deux livres entretiennent une parenté forte, puisqu'ils mettent en scène deux épisodes de la conquête du Congo par Stanley pour le compte du roi Léopold II pour le premier et la venue d'une princesse du Kassaï comme figurante du "village congolais" lors de l'exposition universelle de Bruxelles en 1958. Je ne dévoilerai pas la dramaturgie que mettent en scène les deux auteurs, mais soulignerai leurs points communs : la rencontre des populations tribales du Congo par les colonisateurs (au prix de combats fratricides et de carnages épouvantables s'agissant du second, et de mises à l'épreuve tout aussi odieuses mais réduites à la dimension individuelle pour le premier), à deux époques différentes, mais finalement pas si éloignées de la colonisation du Congo par la Belgique. Si le premier affiche une construction pas toujours facile à suivre, et somme toute plus romanesque que franchement historique, le second nous instruit sur le détail de la colonisation belge, en opposant les parcours de Stanley au Congo et de Brazza dans la partie supérieure du fleuve, pour le compte de leurs commanditaires respectifs, "grands saigneurs, esclavagistes, pilleurs et fossoyeurs de tout un continent. Dans les deux cas, les auteurs mettent également en scène un pygmée qu'ils décrivent en bête de foire, comme s'ils s'étaient copiés (?). Jennifer Richard a su nous rendre le personnage de Stanley proche comme si elle l'avait connu, et les manœuvres de son commanditaire royal manipulateur plus vraies que nature. Un bel exploit.
Bruno COURAULT - Le 09 mai 2021 à 15:32