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Livre


Gyp : la dernière des Mirabeau


Willa Zahava Silverman (1959-....). Auteur

Edité par Perrin - paru en 1998





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  • Un livre remarquable 5/5

    C'est, à ma connaissance, la première grande biographie de Sybille Gabrielle Riquetti de Mirabeau, comtesse Martel de Janville, plus connue sous le nom de plume de Gyp (1849-1932). Un livre remarquable et un formidable travail de recherche qui nous permet d'entrer dans la vie et dans l'intimité de cette femme de lettres, qui a écrit des milliers d'articles et plus d'une centaine de romans, et qui est aujourd'hui presque complètement oubliée. Elle a inventé le roman dialogué, vite écrit, vite lu, mais aussi, hélas! le roman antisémite. Une femme de lettres, certes, mais aussi une militante acharnée du boulangisme et du nationalisme de cette fin du XIXe siècle, et une femme violemment antisémite. Ce qui nous choque, aujourd'hui, c'est son inconscience, son insolence, son aveuglement, jusqu'au bout. Elle a toujours refusé de reconnaître qu'elle s'était trompée au sujet du capitaine Dreyfus. Propagatrice enflammée de revanche et de la guerre contre l'Allemagne, elle considérait que les pacifistes étaient tous des traîtres. L'assassinat de Jean Jaurès, le 31 Juillet 1914, la plongea dans la jubilation et elle a écrit: "On est débarrassés pour toujours de ce boursouflé encombrant". Chez cette femme, c'est cette violence qui surprend, qui choque. On découvre dans ce livre qu'elle a eu des relations détestables avec sa mère, que son mariage a été malheureux, que son père militaire est mort stupidement d'une balle dans la tête en vérifiant le canon d'une arme à feu, que son fils aîné, militaire, lui aussi, est mort jeune au Soudan, après avoir contracté le typhus en prison, où il était enfermé pour désobéissance. Des disparitions que Gyp a transformées en morts héroïques. Mais la violence de sa vie familiale n'explique pas tout, et notamment ses longues et fidèles amitiés très suivies avec les dirigeants des ligues nationalistes et des mouvements antisémites. Ses amis? Maurice Barrès, Paul Déroulède, Henri Rochefort, Edouard Drumont, Jules Guérin, etc. On a l'impression que cette femme choisissait toujours le mauvais côté. Dernière tragédie, à laquelle elle n'a pu assister: son fils Thierry, un chirurgien réputé, s'est suicidé chez lui, à Paris, le 13 Juin 1940, le jour de l'entrée des troupes allemandes dans Paris. Élevé par sa mère dans l'esprit de la revanche, il n'a pas supporté ce retour des troupes allemandes, il n'a pas voulu revivre l'humiliation de 1870. Ce que j'ai aimé dans ce livre: c'est un livre foisonnant, très riche,, qui, à travers Gyp, nous permet de revisiter la société française et la société parisienne depuis la fin du Second empire jusqu'aux premières années qui ont suivi la guerre de 1914/1918

    Victor CARDOSO - Le 19 août 2022 à 19:29