Livre audio numérique MP3

Monstro-génèse

Jost Vincent

Edité par Mozaik / Audiocité

Jost VincentMonstro-génèse,1) EnvieAvant de me juger, il faut que je vous dise l'enfance malheureuse qui m'a fait être moi.Aussi loin que je puise au fond de ma mémoire, depuis déjà petit j'ai toujours eu très faim.Non pas que mes parents ne me nourrissaient pas, j'avais faim d'autre chose ! Oui, j'avais faim de ces choses que tous à la télé semblaient se procurer avec facilité :– Un beau blouson rayé– Un maillot de champion– Une paire de baskets– Un lecteur MP3– Le dernier Phone à pomme– … Tout c' que je n'avais pas.Pourtant, tous ces objets souvent me regardaient lorsque je les croisais au hasard d'un rayon quand nous allions aux courses.Mais là, pauvres parents, faisaient ce qu'ils pouvaient pour contenter les manques qui m'opprimaient tant.Mais las, pauvres parents, ne pouvaient dépenser pour moi plus d'argent qu'ils ne devaient gagner.J'ai vite compris alors, qu'ils ne gagneraient jamais assez d'euros pour pouvoir combler l'ensemble de mes besoins cruciaux, il a donc bien fallu que je me débrouille.2) ColèreAinsi, dès que l'objet me le demandait et que mes parents m'expliquaient que je ne pouvais pas tout avoir, je m'arrangeais pour que ce dernier trouve une place auprès de moi.Petit à petit, ce ne sont plus seulement les produits des magasins qui chantaient dans ma tête, mais ce furent aussi ceux des autres.La première fois qu'une telle chose s'est présentée à moi, je me souviens, c'était une montre assez spéciale : on devait additionner les couleurs rouges pour lire les heures et les bleues pour les minutes. Ce genre de gadget qui ne servait surtout pas lorsque nous désirions connaître l'heure rapidement, mais qui voulait absolument être à moi.Dans un premier élan amical, j'expliquais au futur ex–propriétaire que sa montre voulait être à moi et qu'il fallait qu'il me la donne. Ce dernier crut, dans un premier temps, que je lui faisais une blague. Constatant mon insistance, il se mit à me repousser en me surnommant: « l'idiot ».C'était trop pour moi, trop dur et trop injuste. Je le collai contre le mur, le rouai de coups et récupérai mon bien sans qu'il ne dise plus rien.À l'école, chacun connaissait ma force, chacun savait ce que je pouvais faire quand je voulais quelque chose. Je n'eus plus jamais de gros problèmes à récupérer ce qui m'appartenait.3) AvariceJusqu'à la fin de ma scolarité, je n'ai plus jamais ennuyé mes parents avec mes idées de possession.Je ne sais si ça les arrangeait de croire que je m'étais assagi, mais il me semble qu'ils étaient plutôt fiers de moi et fiers d'avoir engendré un garçon si raisonnable avec eux.Bien que possédant réellement beaucoup plus que ce que j'aurais cru être capable d'avoir, je ne me lassais jamais de posséder. Ma technique avait énormément progressé. Je ne perdais plus de temps à expliquer ce que je voulais, je prenais. Je n'attendais plus non plus que les biens me demandent d'être à moi, je me servais.J'entassais ainsi des portefeuilles, pl

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