Livre audio numérique MP3

ugolino

Aloysius Block

Edité par Mozaik / Audiocité

Aloysius BlockRaymond Philippe Auguste Brucker, né le 5 mai 1800 à Paris et mort le 28 février 1875 à Paris, était un écrivain français. Ouvrier éventailliste, puis essayiste et littérateur, il s'était converti au catholicisme en 1839. Il fut professeur de philosophie. Il écrivit sous divers pseudonymes (Paul Séverin, Aloysius Block, Champercier, Duvernay, Ch. Dupuy, Olibrius), et en collaboration avec Michel Masson (1800-1883) sous le pseudonyme de Michel Raymond.Aloysius Block.UGOLINOLégende musicaleParu dans Le Livre des conteurs, tome IV, 1833.Des paysans s’amusaient dans un champ sur la lisière d’un bois près d’Arezzo. Ils s’étaient réunis pour célébrer le mariage de deux jeunes gens.La mariée était une brune piquante, pleine de vivacité, folle de gaieté et d’amour ; le jeune homme, grave, posé, avait des habitudes plus sérieuses, et s’abandonnait souvent à la rêverie : passionné pour la musique, il y consacrait la moitié de sa vie, ce qui lui avait acquis un vrai talent sur le violon. Chose heureuse pour lui, car son travail et son violon étaient ses seuls moyens d’existence. Chaque soir il amusait ses voisins par des airs savamment exécutés, et ses voisins payaient leur plaisir en approvisionnant sa chaumière de toutes les choses nécessaires à la vie ; aussi, malgré la pauvreté d’Ugolino, plus d’une jeune fille disait en le regardant que Gioia était bienheureuse d’avoir su plaire à un aussi charmant musicien.Après quelques heures de danses et de jeux variés, les nouveaux époux allèrent s’asseoir à peu de distance des autres paysans ; on pensa qu’ils s’étaient retirés pour causer en paix de leurs amours, mais il n’en était rien.Quoique les yeux de la jeune femme fussent tendrement attachés sur les yeux de son amant, leurs regards ne se rencontraient pas : ceux d’Ugolino plongeaient à travers les arbres de la forêt, et son oreille semblait attentive à quelque mélodie lointaine. Contente de son bonheur et le croyant partagé, Gioia faisait peu d’attention à la rêverie de son amant. Leur sort était uni, et cette idée délicieuse absorbait toutes ses facultés.Cependant la préoccupation de son bien-aimé ne cessait pas, et Gioia commençait à s’inquiéter. Après un assez long silence, elle lui adressa une question timide qui resta sans réponse. Toujours plus alarmée, elle bouda, puis se fâcha, et finit par se plaindre d’une indifférence à laquelle elle était loin de croire. Mais tout fut inutile ; Ugolino, les yeux fixés sur la forêt, était comme un homme frappé de quelque mystérieuse apparition. Alors, reprenant toute sa fierté, la gentille Gioia fit un mouvement pour s’éloigner ; mais une réflexion l’arrêta : ne voulant pas laisser voir son mécontentement, elle se pencha en arrière, cueillit une fleur, et relevant la tête, elle jeta un regard satisfait aux villageois ; ce regard rencontra un rire malin et moqueur ; c’était celui d’un homme qu’avait rejeté autrefois la fiancée d’aujourd’hui. Elle rougit et parut occupée à placer la

Consulter en ligne

Chargement des enrichissements...