Livre audio numérique MP3

La maison sur le Nil

Pierre Louÿs

Edité par Mozaik / Audiocité

Pierre Louis, dit LOUYS, écrivain français né à Gand le 10 décembre 1870 et décédé à Paris le 06 juin 1925.La Maison sur le Nil ou Les apparences de la vertuA Claude Debussy«... C'est fort extraordinaire, ditRoquentin, et qu'a-t-il fait ?- Oh! ce qu'il faut faire en pareilleoccasion. Il a jeté son pistolet à terre d'unair de regret. Il l'a jeté si fort qu'il en acassé le chien. C'est un pistolet anglaisde Manton. Je ne sais s'il pourra trouverà Paris un arquebusier qui soit capable delui en refaire un»P. MERIMEEAMARYLLIS s'étendit toute languissante sur la mousse, et du bout de sa branche de saule toucha la main du plus jeune homme.«A toi, dit-elle ; parle à ton tour, Clinias. je veux un conte de toi».Clinias hésita quelque temps.«J'ai retenu les légendes que tout le monde connaît ; mais je ne sais pas, comme Thrasès, les façonner selon mon esprit, ni comme toi les renouveler par la grâce des mots, Amaryllis. Je dirai ce que m'a raconté mon ami Biôn de Clazomène, à son retour d'Aethiopie.- C'est une histoire vraie ? demanda Rhéa.- Oui. Mais j'aime que vous la teniez pour une fable et que les personnages vous semblent suivis de l'ombre de leur symbole. Si j'avais quelque talent, il me faudrait peu de soins pour faire de cette courte histoire un poème en hexamètres. Peut-être seulement la généraliser».Le soleil brillait très ardent au-dessus de la haute forêt, et la fraîcheur sous les feuilles en était plus délicieuse. Des taches de lumière caressaient Lampito, qui avait ramené sa chevelure sur son visage pour protéger ses yeux fermés. Amaryllis était près de Rhéa. Philinna jouait avec ses mains. Mélandryon regardait la terre.Alors Clinias commença ainsi :IAU delà de Thèbes et de Hermontis, au delà de Silsilis et d'Ombos, Biôn avait remonté le Nil. Même il avait passé l'île Eléphantine, où finit la terre d'Aegypte, et il s'avançait vers la noire Aethiopie, qui est proche des bornes du monde.Il n'avait pas de barque pour vaincre le cours lent du fleuve, car il eût fallu des esclaves pour manoeuvrer les avirons, et il avait craint de s'imposer des compagnons sans intérêt. Aussi voyageait-il à pied, le long des rives molles et herbues, si étroites, que la route longeait parfois le pied des falaises multicolores, où commençait exactement l'infini montueux du Désert.Cette mince bande de terre vivante entre deux mornes solitudes, cette voie de champs d'or et d'herbes splendides, fendue jusqu'aux deux horizons par la lumière verte du Nil, retentissait de cris d'oiseaux, stridents et pressés, dans l'air, sur le fleuve, sous les herbes hautes, fourmillant aux branches nues des baobabs obèses, comme d'étourdissantes cigales, perpétuellement.Des autruches et des girafes arpègeaient au loin les prairies ; des troupeaux d'antilopes fuyaient comme des nuages blonds ; les singes se suspendaient en grappes fantastiques aux souples branches des sycomores, et parfois dans la vase du Nil, où se suivaient comme de long

Consulter en ligne

Chargement des enrichissements...