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Le Fil d'Ariane

Shmuel Retbi

Edité par Mozaik / Audiocité

Le Fil d'Arianede Shmuel RETBIPréfaceComme disait le Minotaure, cette courte nouvelle aurait pu s'intituler « la critique est... thésée ». L'ennui, c'est que l'expression trouve déjà sa place dans des milliers de publications antérieures à celle-ci. Aussi ai-je préféré un titre plus aguichant dans l'espoir d'attirer sur ces lignes l'intérêt du lecteur et de la lectrice. Quoi qu'il en soit, ce texte ne vise qu'à un seul objet : fustiger, fouetter et ridiculiser ceux qui disent du mal des autres sans réfléchir ni aux tenants ni aux aboutissants de leurs propos. Il se peut que cette nouvelle pêche elle-même par là où elle veut critiquer. Entre nous, cela ne m'étonnerait pas. Critiquer les critiques, c'est critiquer l'autre. Or, l'autre, je viens de le sous-entendre, a droit à mon respect et à mon estime autant que j'ai droit moi-même à la paix sociale. Malgré tout, je me sens comme le scorpion qui demande à la grenouille de lui faire passer le ruisseau.« Tu ne me piqueras pas ?, demande la sotte bête.- Mais non, voyons !, répond le filou. Si je te pique, je coulerai avec toi dans la rivière. »La grenouille se met en route. Au milieu, le scorpion plante son dard dans la nuque du batracien.« Qu-as-tu fait, malheureux ?!- Je regrette, je ne peux pas m'en empêcher. »La meilleure défense étant l'attaque, eh bien attaquons sans délai.___Avec une Maîtrise de Littérature, même sous-titrée « Mention Très Bien », il ne faut pas trop exiger de la vie. Si le terme « famille » a quelque chose d'abject et d'insupportable il a parfois de bons côtés. Il ne faut pas cracher dessus, du moins pas à longueur de journée. Ni à bouche raccourcie et surtout pas en public.Telles étaient les réflexions de Jean-Philippe Mérenger, dont voici le profil avantageux :Age : trente-et-un ans,Taille : un mètre quatre-vingt,Poids : soixante-quinze kilos,Yeux : marron,Dents : blanches,Cheveux : bruns avec des petits effets châtains pas désagréables (la plupart des dames et des demoiselles vous le diront)Costume de bonne coupe, chemise blanche, cravate à fines rayures grises et vertes.En deux mots ? Le Playboy manqué.Nous avons dit deux mots de l'apparence extérieure de M. Mérenger et de ses pensées intimes. Il importe à présent d'exposer le cadre qui l'environne et le moment précis de l'action, ou plutôt de l'inaction :Année : 2015Commune : Paris, VIIIe arrondissementLieu : la salle d'attente devant le bureau du Chef de Rédaction du « Parisien à la Une », l'un des derniers quotidiens tirant encore plus de trois éditions par jourHeure : Dix et demiAutres personnages : une demoiselle aux cheveux longs blond paille, qui se ronge les ongles avec anxiété et un gros monsieur d'une cinquantaine d'années, son chapeau sur les genoux.À onze heures moins le quart, la jeune fille et le gros monsieur avaient quitté la place depuis longtemps, l'oeil terne et l'air maussade. L'Oncle Gérard reçut Jean-Philippe avec empressement :» Quel bon vent ?!

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