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Musique


Music for detuned pianos


Max de Wardener. Compositeur. Interprète

Edité par Bertus france - paru en C 2020


Le dernier album du compositeur Max de Wardener fait ce qu'il dit sur l'étain en étant vraiment une collection de morceaux écrits sur des pianos acoustiques désaccordés et interprétés par Kit Downes. Étonnamment, les pianos ne sont pas si faciles à désaccorder (ou à désaccorder comme vous le souhaitez), donc c'était un travail d'amour pour de Wardener qui s'est inspiré des goûts de La Monte Young et Harry Partch pour créer ces compositions élégantes. Pour le compositeur innovant Max de Wardener, la musique est une sorte de voyage dans le temps, un moyen d'explorer l'antique et les arcanes et de les réorienter vers l'avant. Toujours particulièrement proche de son défunt père, né à Paris en 1916 et qui semble avoir imprégné chez son fils une affinité avec la créativité avant-gardiste du XXe siècle, les prédilections artistiques anachroniques de de Wardener sont néanmoins synthétisées dans des compositions indéniablement contemporaines. Sinon, pourquoi serait-il si régulièrement sollicité pour une collaboration par tous, de Gazelle Twin et Mara Carlyle à Emilíana Torrini et Plaid? Ajoutez à cela, la composition de commandes de groupes comme The Eysian Quartet et The London Symphony Orchestra, et une série de sorties solo acclamées par la critique sur le label Accidental de Matthew Herbert, et une image émerge d'un artiste dont la vision n'est certainement pas limitée à la vue d'un rétroviseur de la musique. Formé de façon classique mais réputé pour des compositions qui explorent tout, des orgues d'église aux instruments auto-construits, comme les bols à percussion de chambre de nuage inspirés de Harry Partch, ainsi que l'électronique et les configurations de chambre plus orthodoxes, le bassiste devenu multi-instrumentiste de Wardener incarne efficacement un paradigme Cagéen selon lequel une approche sérieuse des compositions modernes peut légitimement embrasser l'expérience excentrique et un jeu décomplexé. Sur 'Kolmar', son premier album pour Village Green, le compositeur fait les deux comme il joue avec des sujets temporels, taquins purs, oniriques comme des ondes sinusoïdales obscures, des instruments du début au milieu du XXe siècle comme le premier clavier électronique, les ondes Martenot le Cristal Baschet, dont les tonalités éthérées émanent de lames glacées caressées par les doigts humectés d'eau, aux côtés des timbres étrangement pellucides d'un instrument similaire mais encore plus ancien et toujours plus fantasmagorique, l'harmonica de verre (inventé en 1761 par Benjamin Franklin, rien de moins). Ceux-ci, de Wardener, fusionnent tour à tour, de manière transparente et en juxtaposition résonnante, avec des synthétiseurs analogiques Buchla Music Easel et Oberheim OB6 fortement manipulés, des orgues à tuyaux inclinés sur plusieurs octaves, ou manipulant l'alimentation en air ("pour que le son s'effondre") et des percussions acoustiques mais précisément appliquées, la plupart de la grâce du prodigieux batteur de jazz Moses Boyd.



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