Sélection littérature étrangère Une année faste pour les premiers romans
Crédit : Jacques Monory, Dream tiger n°4, 1972, huile sur toile, 195 x 200 cm
Alors que se prépare la rentrée littéraire de septembre 2021 et que le Prix des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris vient d’être attribué à Laurent Petitmangin pour Ce qu’il faut de nuit, les bibliothécaires de la Ville de Paris partagent avec vous leurs coups de cœur « Premiers romans étrangers »* de l’année 2020-2021.
Annoncée comme compliquée voire sacrifiée, l’année 2020-2021 s’est révélée, contre toute attente, particulièrement dynamique et de grande qualité en matière de premiers romans étrangers. Si la décision prise par les maisons d’édition de reporter la sortie d’une majorité d’entre eux de septembre 2020 à janvier 2021 a pu faire craindre le pire aux amateurs de diversité littéraire, elle a finalement été très bénéfique aux auteurs et aux lecteurs qui ont eu plus de temps pour s’apprivoiser et se découvrir loin de l’embouteillage traditionnel de septembre.
Certains premiers romans étrangers très attendus n’ont pas déçu nos attentes (on songe ici à Affamée de Raven Leilani, Un bref instant de splendeur d’Ocean Vuong ou Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah ) d’autres, moins médiatisés, ont créé la surprise (Miracle à la Combe aux aspics d’Ante Tomic, Pas les mères de Katixa Agirre, Terre liquide de Raphaela Edelbauer, La femme qui a mangé les lèvres de mon père de Tudor Ganea, Les Vilaines de Camila Sosa Villada, La Chienne de Pilar Quintana ou encore Hot Maroc de Yassin Adnan). Les impatientes de Djaïli Amadou Amal bien qu’écrit en français nous vient d’Afrique subsaharienne et a remporté le prix Goncourt des lycéens 2020.
Énergie, originalité, créativité, diversité et universalité caractérisent ces œuvres qui forcent le respect dans un contexte si particulier. De jeunes –voire très jeunes talents- ont illuminé grâce à leur intelligence nos longues journées et soirées de confinement. S’affranchissant des codes et les renouvelant avec brio, ils ont su trouver l’équilibre entre militantisme générationnel et qualité littéraire.
Saluons ici aussi le courage des maisons d’édition dans leur ensemble qui ont pris des risques en arpentant de nouveaux territoires (en particulier la maison Gallmeister qui s’est ouverte à la littérature européenne avec Un jour viendra de Giulia Caminito, ainsi que Belleville éditions qui nous a fait découvrir l’indispensable Enrage contre la mort de la lumière de Futhi Ntshingila).
Merci à eux pour ces instants de splendeur.
*premiers romans, nouvelles et récits mais également premiers romans traduits
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Sélection concoctée par Nicolas B., Josée V.T., Madeleine P., Linnea R., Jean-Pierre L.V., Stéphane L.C., Sophie B. et DN (des collectifs de veille en littérature étrangère)