Rencontre Jean dalin, illustrateur et auteur de bd
Jean Dalin
Invité à la bibliothèque Vaclav Havel dans le cadre du festival Les Mycéliades, l’illustrateur Jean Dalin revient sur la construction de ses décors monumentaux, ses influences et les projets singuliers qui nourrissent son travail
Né à Nantes en 1993, Jean Dalin trace très tôt son chemin dans les arts visuels, entre gravure et dessin narratif. Co‑fondateur d’Un Fanzine par Mois, il affine son trait au fil des micro‑éditions et des collaborations presse. Aujourd’hui installé à Lyon, il déploie un univers sensible et ample, où l’imaginaire se fait architecture. La Trahison d’Olympe, sa première bande dessinée chez Sarbacane, marque l’entrée d’une voix graphique singulière.
Rencontre à l'issue d'un atelier de dessin à la bibliothèque Vaclav Havel
Comment êtes‑vous arrivé à créer cet univers visuel où les décors et les perspectives prennent autant d’importance ?
J’ai toujours adoré dessiner des personnages, mais il faut bien qu’ils évoluent quelque part. Donc les décors, c’était obligatoire. Au départ, je me disais que ce n’était pas possible d’y échapper… et finalement, plus j’en faisais, plus j’aimais ça.
Et puis j’ai ce truc : je dessine un personnage qui sort d’un bar, et je me dis « je vais quand même faire la façade ». Puis le bâtiment d’à côté, parce que j’ai une idée… Et à la fin, on se retrouve avec une ville entière. Je me laisse porter, je me laisse prendre au jeu, et ça donne de grands décors. Jean Dalin
Si vous deviez donner trois œuvres - romans, bandes dessinées, jeux vidéo confondus - qui vous ont marqué ou inspiré, lesquelles choisiriez-vous ?
En BD, c’est facile : Little Nemo de Winsor McCay, pour moi, c’est la plus belle BD du monde. Puis tout l’univers de Jack Kirby : on attribue Marvel à Stan Lee, mais c’est Kirby qui a fait tout le travail. Et Moebius que j’adore, évidemment. J’ai toujours plusieurs de leurs livres sur mon bureau.
En jeux vidéo, j’ai beaucoup aimé les décors de It Takes Two. D’ailleurs, j’ai un peu repris les « boules » du sol de la salle des machines : on retrouve un élément similaire dans la chambre de Méli. Et puis Gris, et sa suite Neva : c’est magnifique.
Les films de Miyazaki, évidemment. Ensuite, en prise de vue réelle, j’adore Rohmer, même si ça ne se ressent pas trop dans mon travail. Et puis j’adore les films de super-héros : j’ai grandi avec les comics. Batman v Superman de Snyder, je l’adore - les costumes, les mouvements de cape… magnifiques.
Jean Dalin
Et pour la suite, mis à part le tome 2, quels projets envisagez-vous poursuivre ?
J’aimerais faire une histoire sous forme de fresque. J’en ai une qui va sortir dans Métal Hurlant, détachable : on peut relier le début à la fin pour créer une boucle temporelle. Je trouve ça amusant.
Ensuite, je continuerai à faire de la BD, bien sûr. Et de l’illustration à côté. J’aimerais aussi travailler sur une nouvelle BD avec un dessin différent : ça fait longtemps que je suis sur La Trahison d’Olympe et j’ai l’impression que mon trait se « ratatine ». Passer au numérique me permet de me délier un peu.
Par Julie H., bibliothèque Vaclav Havel